Maisons à ossature bo is : Un marché à défricher
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Maisons à ossature bo
is : Un marché à défricher

Les maisons en bois, ce n'est pas que le scandale BCBM. Dans le Morbihan, plusieurs entreprises se portent comme un charme grâce à ce pan d'activité. En Bretagne, la part de marché de la maison en bois n'oscille encore qu'entre 8 et 9% (voir aussi en conjoncture page 17). Loin d'être mûr, ce marché vierge offre des perspectives de croissance importantes. Du coup, la décision de Bretagne Sud Habitat de faire évoluer son parc vers ce type de constructions ne passe pas inaperçue. L'annonce de l'arrivée d'une entreprise landaise sur le territoire morbihannais provoque même une levée de boucliers des entrepreneurs bretons. Mais cette possible planche de salut d'un bâtiment en voie d'essoufflement requiert une technicité qui ne s'improvise pas. Enquête. N icolas Mollé

BSH veut se tourner vers la maison en bois. Pour des raisons environnementales mais aussi de coûts. «Les maisons en bois sont plus rapides à mettre en place», souligne Grégory Heslot, directeur du développement de Bretagne Sud Habitat. «On sort surtout d'une logique de lots séparés. En tant qu'opérateur, c'est très intéressant pour nous de n'avoir affaire qu'à un seul corps de métier.» En pleine mue




(*), l'office public de l'habitat du Morbihan, qui vient de passer du statut d'Epa (Établissement public à caractère administratif) à celui d'Epic (Établissement public industriel et commercial) réfléchit aussi à faire évoluer son parc de logements vers des maisons en bois. «On peut parler d'une montée en puissance», confirme Grégory Heslot. «Nous pourrions, dès 2009, produire 30 à 50 logements.» Certains observateurs du secteur parlent même de 150 à l'année à terme, la production actuelle de BSH étant de 300 logements. «On peut imaginer un appel à concurrence sous la forme d'un marché cadre», détaille Jean-Jacques Guth, directeur général de BSH, 190 salariés, 90M€ de chiffre d'affaires et 60M€ de budget d'investissement. Une première opération pilote de quatre lots pour BSH a déjà été réalisée en 2008 à Saint-Léry, avec le charpentier Briero.




«Cadenasser un marché»

Jean-Jacques Guth reconnaît avoir rencontré cet été dans les Landes l'entreprise Sippa, dont l'implantation à la rentrée 2009 sur 4.000m² (20 emplois) à Arzal hérisse la profession. «Sippa fabrique des panneaux en bois comme d'autres fabriquent des parpaings. Il y a du travail pour tout le monde, mieux vaut 15% de marge que zéro. Il ne faudrait pas que les entreprises du Morbihan soient tentées de cadenasser un marché émergeant.» «Nous avons besoin des entrepreneurs locaux car nous ne sommes que fabricants de modules de bois contre-collépour le toit, le sol et les murs», ajoute César Audebert, directeur du développement de Sippa. «Nous ne faisons pas de maisons individuelles, nous vendons aux offices HLM, aux bailleurs privés, aux lotisseurs.» En 2009, Sippa vise déjà 300 unités par an. BSH cherche un acteur doté d'une force de frappe industrielle pour produire en masse. Car les maisons devront rester dans les canons HLM nationaux, avec loyer plafonné à 5 € le m². Lorsque 13M€ manquent au budget du conseil général, difficile d'espérer un soutien financier extraordinaire de la "maison mère" de BSH. Malgré l'existence du cluster habitat durable et un niveau d'investissement maintenu dans le bâtiment l'an prochain (200M€). Le conseil général apporte un supplément de subventions (4.000 à 5.000€ par logement) aux projets immobiliers de BSH, comme aux autres opérateurs actifs sur le territoire. «Nous sommes treize à faire du logement social dans le département, nous n'étions que six ou sept au début», souligne Jean-Jacques Guth, qui se demande comment passer de 800 logements sociaux par an aux objectifs institutionnels de 1.400.




(*) BSH vient aussi de transférer aux CIL Habitat Ouest (Rennes) et au CIL de Bretagne (Quimper) la collecte de la Participation des Employeurs à l'Effort de Construction (PEEC). Cet ex-1% patronal représente 700.000€ par an perçus auprès des entreprises de plus de 20 salariés.

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