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Maine-et-Loire : Tanya Heath s'offre une usine
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Maine-et-Loire : Tanya Heath s'offre une usine

Canadienne et co-fondatrice de la marque de chaussures à talons amovibles haut de gamme, Tanya Heath vient de se doter d'un outil industriel avec la reprise de Biotteau, fabricant de talons de Torfou, liquidé en juin dernier.

À Torfou, dans les Mauges, Tanya Heath - co-fondatrice avec Florent Lucas il y a cinq ans de la marque éponyme de chaussures à talons amovibles - parcourt avec enthousiasme les locaux du fabricant de talons et semelles Biotteau, liquidé en juin dernier. C'est l'offre de reprise de la Canadienne, cliente de l'atelier choletais depuis 2013, qui a été retenue par le tribunal en juillet.

« D'incroyables savoir-faire »

Cinq des quinze salariés ont été conservés, un responsable de site recruté et le nom de Biotteau a été abandonné pour celui de "Talon Français" qui renforce le positionnement haut de gamme de Tanya Heath. « Il y a d'incroyables savoir-faire ici, souligne la dirigeante. Il reste trois fabricants de talons en France... et cet atelier a mis au point, un bonbout* bi-matière silencieux, une vraie innovation, unique en France, qui évite le bruit du talon lorsqu'on marche. » Le site, fondé en 1971, conserve son coeur de métier : la fabrication de talons à façon. « Nous pouvons produire des petites séries, nous travaillons toutes les couleurs et nous sommes équipés pour la tampographie (NDLR système d'impression qui permet de marquer tout type de support). » Ces dernières années, l'usine avait perdu de gros clients. « Nous avons récupéré de très belles marques, nous avons même pu recruter une 7e personne », annonce la dirigeante qui a pour premier objectif de « sécuriser le fonds de commerce de l'usine ». Pour autant, le site de production est une belle opportunité pour accélérer le déploiement de sa marque qui compte cinq boutiques (à Paris, Los Angeles, au Canada, deux au Portugal) et une quinzaine de points de vente dont quatre en France. « Avant, il nous fallait 9 mois pour faire un talon... aujourd'hui, on peut en faire trois dans une 1/2 journée. Pour nous, c'est de l'or !»

Les premières contrefaçons...

Car si la fabrication pour Tanya Heath continue à être réalisée par le groupe France Mode aux Epesses en Vendée pour la partie chaussure et chez Gautier également en Vendée pour les talons, l'objectif avec la nouvelle usine est bien de développer sa marque, vendue dans 62 pays. La jeune entreprise emploie désormais 13 personnes dont 6 à Paris, le siège de la PME, sur la partie design et marketing. « Nous avons 460 références de talons actuellement. Dans trois mois, nous en aurons beaucoup plus », promet la chef d'entreprise. Sur son chiffre d'affaires, Tanya Heath préfère rester discrète. « Nous étions rentables en 2015, pas en 2016, avoue-t-elle. Nous avons investi cette année avec le rachat et nos ventes sur la boutique de Paris ont fortement baissé. Au Canada par exemple, nous vendons sept fois plus qu'à Paris. » Un fait qui pourrait être imputé en partie à une crainte, notamment chez les étrangers, sur la sécurité dans la capitale française. Dans un même temps, les ventes sur le net progressent. « Elles ont même explosées. On commence à se faire connaître, de plus en plus de multimarques veulent travailler avec nous pour distribuer nos collections. » Un magasin d'usine devrait ouvrir prochainement, à Torfou ou dans le sud-Sarthe. Preuve du succès : les premières contrefaçons de la marque - dont la première collection est sortie en 2013 - sont déjà apparues...

Belles et confortables

La marque présente deux collections par an composées d'une trentaine de modèles uniquement pour femme allant du classique (l'escarpin noir représente 70 % des ventes en France) à la mode. Et tous les talons " fonctionnent " avec toutes les chaussures. Si le coût de la paire de chaussures est relativement élevé (autour de 300 ? pour les premiers modèles), le concept du talon amovible ou ajustable (7 paires de talons sont en stock pour chaque paire !) permet de s'offrir un nouveau look à moindre coût, la paire de talons démarrant à 25 ?. Un concept qui séduit. « Nous avons un taux de fidélité de 36 %. Les femmes qui connaissent la marque reviennent », souligne la dirigeante. Car Tanya Heath ne mise pas uniquement sur l'esthétique ou l'originalité de ses produits. « Je voulais une marque de confort avec des cuirs très souples sans avoir le design d'une marque de confort. Comme beaucoup de femmes, j'aime les talons, mais pas la souffrance ! Nous avons beaucoup travaillé pour arriver à créer une chaussure confortable et qui rend la femme belle. »

*Pièce destinée à préserver l'usure du talon

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