Tunisie, Maroc, Algérie. Ces trois pays du Maghreb sont souvent rassemblés autour de critères comparables. S'ils sont tous les trois en forte croissance, ils ont en fait chacun leurs spécificités de développement. C'est ce que la BPO et Natixis Pramex ont tenté d'exposer à une vingtaine d'entreprises bretonnes venues participer à un forum à Rennes courant novembre. Exporter ou s'implanter au Maghreb nécessite en effet de comprendre son organisation économique. «Le Maghreb n'est pas une entité homogène, et la croissance des trois pays ne s'est pas faite de la même manière, indique Hichem El Phil, responsable de Natixis Pramex Algérie. La Tunisie et le Maroc sont proches en terme de structuration et de développement. Elles ont une approche directe. L'Algérie, elle, a une approche partenariale de l'économie».
Des pays attractifs
En résumé, la stratégie de pénétration du marché algérien se fait le plus souvent par des accords de partenariats conclus avec des entreprises locales, par des licences de commercialisation, des franchises ou des délégations de distribution. Par contre, en Tunisie et au Maroc, il paraît plus aisé de s'implanter, par exemple, pour faire de la sous-traitance «car le coût horaire et la logistique y sont plus attractifs, explique Hichem El Phil. L'Algérie, elle, a des difficultés à résoudre ses problèmes de foncier. La réforme du système étatique, engagée dans les années 80 et 90 devrait bientôt se concrétiser». En attendant, le pays compte trois fois moins d'entreprises étrangères implantées que ses deux voisines.
Il faut dire que l'Algérie est un pays au potentiel de développement fort, avec 60% de la population qui a moins de 30 ans et donc un besoin de logements et biens de consommation. «Alors que la Tunisie et le Maroc sont dans une phase de maturation du marché, l'Algérie a des besoins dans tous les secteurs: matériaux, équipements, compétences, expertises... Tout est à faire, considère Hichem El Phil. L'automobile est également un secteur qui se développe de façon vertigineuse!» Les entreprises étrangères ont donc leur carte à jouer en Algérie. La Bretagne, notamment, avec son savoir-faire en matière de machinisme et d'équipements agricoles peut trouver là-bas de nouveaux marchés. «En Algérie, tous les secteurs industriels sont porteurs, assure Hichem El Phil. C'est encore plus vrai pour l'automatisme industriel ou les services informatiques». La Tunisie et le Maroc, eux, offrent des opportunités dans les secteurs des services, mais aussi de l'industrie manufacturière ou agroalimentaire. De quoi encourager les Bretons à aller vers ces marchés.
La BPO et Natixis Pramex ont organisé, en fin d'année, un forum sur les opportunités commerciales du marché des pays du Maghreb. L'occasion pour les entreprises bretonnes de prendre connaissance des avantages de ces pays au fort potentiel.