Faire passer la part de son chiffre d’affaires à l’export de 30 % à 90 % sous trois ans. C’est l’objectif que s’est fixé Christelle Linossier, la fondatrice et dirigeante de Mac3 à Saint-Cyprien (14 M€ de CA en 2025). Pour y parvenir, le concepteur et fabricant ligérien de compresseurs d’air pour l’industrie, la construction et le domaine agricole, a décidé d’accélérer le développement de son outil de production.
Dans cette optique, la filiale et vaisseau amiral du groupe PCM (70 salariés ; 20 M€ de CA) — qui compte dans ses rangs les sociétés Sodim (fabrication des châssis des compresseurs) et Pole Air Industrie (qui assure l’installation des solutions de Mac3) — a acquis fin 2025 un bâtiment de 3 000 m², dans la zone des Granges, à quelques mètres de leurs deux bâtiments actuels.
"Une réserve d’exploitation"
"Depuis notre création il y a 15 ans, nous avons toujours été en croissance. Notre outil de production a grandi au fur et à mesure avec deux extensions. Mais là, nous n’avons plus de possibilité d’extension et même après avoir revu l’organisation et l’optimisation de notre production l’an passé, nous arrivons à saturation. Ce nouveau bâtiment va nous servir de réserve d’exploitation pour assurer notre développement futur", développe Christelle Linossier.
Ce bâtiment, dont la dirigeante n’a pas souhaité communiquer le coût d’acquisition, va permettre à Mac3 de poursuivre l’élargissement de sa gamme de compresseurs et notamment des produits de grandes dimensions. "Nous travaillons de plus en plus sur des gros produits. Avec Pole Air Industrie, nous travaillons aussi beaucoup sur des solutions clés en main. Nous venons par exemple de finir un conteneur dans lequel notre client va retrouver tous les groupes nécessaires pour ses besoins en air comprimé. Pour faire ce type de projet, nous avons besoin de place", illustre la dirigeante de Mac3.
Passer du saupoudrage à une stratégie ciblée
Si les "gros produits" et solutions globales sont très prisés à l’export, Mac3 va devoir structurer sa démarche à l’international pour atteindre ses objectifs. "Nous sommes présents dans de nombreux pays mais nous n’avons pas vraiment de stratégie. Jusqu’ici, nous avons fait du saupoudrage. L’objectif des mois à venir, c’est de définir une stratégie ciblée et d’avoir des personnes dédiées sur des zones précises pour être plus agressifs sur ces marchés", explique Christelle Linossier.
Dans cette optique, Mac3 a recruté l’an passé une équipe de commerciaux dédiés à l’export, qui sont en train d’étudier les opportunités de marché dans différentes zones. "Cette stratégie à l’export va aussi conditionner les investissements machines que nous allons faire et qui seront déployés dans notre nouveau bâtiment", dévoile la dirigeante.
Pour l’heure aucune enveloppe n’a été déterminée. "Cela va dépendre des besoins et de l’organisation que l’on va mettre en place. La phase d’étude va être lancée d’ici avril pour une décision d’investissement qui pourrait intervenir à l’été. Mais tout est ouvert y compris notre stratégie d’implantation. Je crois beaucoup aux rencontres. On peut tout à fait imaginer une implantation avec une autre structure voire une opération de croissance externe", confie Christelle Linossier, qui ambitionne de "doubler le chiffre d’affaires de Mac3 sous deux à trois ans".