Lyon Métropole : Attirer 500 nouvelles entreprises en 5 ans

Lyon Métropole : Attirer 500 nouvelles entreprises en 5 ans

Accueillir 100 nouvelles entreprises par an créant 2.000 emplois, tel est l'un des principaux points à retenir du programme de développement économique présenté ce vendredi 16 septembre par Gérard Collomb, Président, David Kimelfeld, 1er vice-président en charge de l'économie et Jacques de Chilly, directeur général adjoint au développement économique et international.

Le document présenté ce vendredi à la presse est le fruit de plusieurs mois de travail. Il combine bilan et propositions. Bilan à travers les résultats d'une étude fine élaborée par l'Agence d'Urbanisme de la Métropole donnant une image précise de l'évolution du tissus économique local entre 2005 et 2015. Et propositions émanant des acteurs économiques, élus métropolitains bien sûr, mais aussi organisations patronales et chambres consulaires, qui ont amender les stratégies précédentes pour concentrer encore davantage les forces vers la croissance économique.
Une croissance qui passe par quatre axes principaux définis à travers quatre adjectifs interdépendants : une métropole "fabricante", "apprenante", "attirante" et enfin "entraînante". "Nous l'appelons programme et non schéma car il doit être dynamique, s'adapter aux nouvelles contraintes et ne pas rester figer durant 5 ans" insiste David Kimelfeld. Jacques de Chilly qui a détaillé ce programme 2016-2021 développé dans un document de plus 140 pages a voulu démontré que ces adjectifs n'étaient pas "que" des éléments de langage.

Préserver la R&D

Du point de vue du tissus entrepreneurial, le plan prévoit de tout mettre en œuvre pour rester au-dessus du seuil actuel de 18% des actifs dans le secteur industriel (30% en considérant les sociétés de services œuvrant pour l'industrie). Cela passe notamment selon Gérard Collomb par le maintient des centres de recherches sur le territoire, qui jouent un rôle d'aimant auprès des industries. Pour booster la croissance des entreprises de tous secteurs, une nouvelle version du dispositif "Pépites" mis en place par la Ville et la CCI pour les entreprises en forte croissance sera présenté prochainement. L'objectif n'étant plus seulement de soutenir la croissance mais de l'accélérer pour faire naître 10 entreprises de taille intermédiaire d'ici 2021. Le réseau "LVE", Lyon Ville de l'entrepreneuriat qui favorise l'émergence et la prérénnité à trois ans des jeunes entreprises sera considérablement renforcé par une offre plus "experte". Il s'agirait d'un guichet unique dématérialisé pour, par exemple, aider les PME à aller vers l'international.
Enfin, afin de renforcer son socle économique et après avoir mis en valeur les entreprises des cleantech, biotechs ou de chimie, Lyon Métropole veut désormais valoriser de nouveaux secteurs puissants tels que l'actuariat à travers notamment la plus ancienne univerité de France, l'ISFA, et la présence de grands groupes (Apicil, April), mais aussi les objets connectés, l'ingénierie urbaine, la cybersécurité...

Université : s'unir ou périr ?

Sur le volet de l'éducation, la stratégie métropolitaine consiste à renforcer le pôle universitaire. Alors que Université de Lyon est en phase de labellisation pour décrocher l'Idex (avec à la clé 30M€), Gérard Collomb a souhaité "qu'aboutisse rapidement une entente entre les acteurs (présidents d'universités, NDLR), car la fragmentation ne nous fera pas gagner. L'Université de Lyon doit se fédérer pour aller concurrencer de grandes universités mondiale. La force de frappe du tissus économique d'une ville passe par celle de son université, on fera donc tout pour que les processus aillent dans le bon sens". Il a aussi indiqué que ses services travaillaient à une meilleure communication entre laboratoires et PME afin que celles-ci sachent de quel côté se tourner lorsqu'elles ont des besoins en R&D par exemple.

En termes d'attractivité, la Métropole entend séduire de grands projets mais aussi cultiver l'attachement des institutions présentes sur le territoire. Raison pour laquelle Lyon Métropole travaille avec Interpol sur leur projet d'extension en même temps qu'elle cherche à attirer à Lyon l'Agence européenne du Médicament qui quitte Londres, suite au Brexit. De façon plus pragmatique, la métropole travaille sur un projet nommé "Expat center" qui permettraient aux expatriés arrivant à Lyon de se mettre en règle avec l'administration française en un seul lieu et en quelques heures.
Jacques de Chilly, qui dirigeait l'Aderly, l'agence de promotion du territoire à l'international, a indiqué qu'il s'agissait d'ici 2021 de passer d'un trafic aéroportuaire de 8.7 millions de passagers à 10 millions.

Le programme de développement économique prévoit aussi "redistribuer" les richesses (58Mds€ de PIB) produites dans l'agglomération en direction de la région Auvergne-Rhône-Alpes et auprès des personnes en insertion dont elle a désormais la charge. Elle souhaite enfin que 1000 entreprises se mobilisent pour accueillir des bénéficiaires du RSA.