« Les perspectives sont radieuses ». Pour Jean-Hervé Lorenzi, « la France et la Chine ont en effet une belle carte à jouer ». Et le président du Cercle des Economistes Français, participant à Lyon au second forum franco-chinois les 26 et 27 septembre (le 1er s’est tenu en 2016 à Pékin, Ndlr), d’insister : « avec le Brexit et l’élection de Trump aux Etats-Unis, c’est le moment de resserrer les points de convergence entre nos deux pays ».
Déséquilibre commercial
Reste malgré tout derrière cet élan partagé par d’autres intervenants – dont David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon et Phan Nhay, directeur général de Bank of China en France – la réalité des chiffres. Le volume annuel des échanges entre l’Hexagone et la deuxième puissance économique du globe n’est en effet (que) de 45 milliards de dollars. Soit à peine plus de 1 % du volume des échanges que, chaque année, la Chine enregistre avec le reste du monde. Sans compter entre les deux pays un déficit commercial croissant, de 30 milliards l’an dernier en faveur de la Chine. « La place de la France dans ces échanges est évidemment insuffisante », reconnait de fait Zhao Jinjun, ancien ambassadeur de Chine en France (de 2003 à 2008). Lequel invite les entreprises des deux pays à lancer des initiatives en commun sur des marchés tiers. Et de citer en exemple la coopération entre EDF et son partenaire chinois CGN sur le projet d’EPR à Hinkley Point (Grande Bretagne). Ou encore l’Afrique, continent « en forte demande d’expertise, dans lequel nos entreprises ont des solutions communes à proposer. Les pays francophones d’Afrique aspirent au changement et ont des besoins que la France et la Chine sont en capacité de fournir ». Cet appel à une « conquête commune » intervient alors que Siemens et Alstom viennent d’annoncer un rapprochement stratégique pour justement contrer l’offensive mondiale de leurs concurrents chinois.
Nouvelle ligne aérienne Lyon-Chine
Alors la Chine, concurrente ou partenaire? Pour David Kimelfeld, la Chine (et avec elle ses entrepreneurs avides de placements hors de Chine) est assurément une puissance qu’il faut savoir attirer. « La France, et spécifiquement la région Auvergne-Rhône-Alpes, dispose d’atouts indéniables. 18 % des emplois de la métropole de Lyon sont des emplois industriels. Ce qui, avec Toulouse, est un record en France ». Le territoire métropolitain abrite aujourd’hui une vingtaine d’entreprises chinoises, dont Bluestar Silicones (du groupe Chem China) et une antenne de Bank of China. David Kimelfeld a par ailleurs confirmé l’ouverture d’une nouvelle ligne aérienne entre Lyon et la Chine, « dans les prochaines semaines », dixit. Sans pour autant dévoiler le nom de la ville chinoise réceptrice.