LVL : Comment le recycleur fait face à la montée des produits non recyclables
# Services # Investissement

LVL : Comment le recycleur fait face à la montée des produits non recyclables

L'enjeu L'arrivée sur le marché de cartouches d'impression non recyclables pèse sur la rentabilité de LVL, qui collecte et revend des cartouches. Pour y faire face, la PME industrialise ses process et investit deux millions d'euros à La Chevrolière.

Dans l'univers de LVL, c'est un peu comme dans un sketch des Inconnus. Il y a les « bonnes » et les « mauvaises » cartouches d'impression vides. Les bonnes cartouches, ce sont celles que la PME est en mesure de revendre. Elle les collecte gratuitement sur 22.000 lieux, des entreprises, des mairies ou des écoles. Les cartouches sont ensuite triées, à La Chevrolière, et revendues à des entreprises, comme le Nantais Armor ou Pelikan, qui se chargent de les réinjecter sur le marché. C'est en suivant ce circuit que LVL a réalisé 3,9 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an passé, 90 % de ses revenus étant réalisés auprès d'industriels étrangers.




60 % des cartouches non recyclables

Le souci de la PME de la Chevrolière, c'est que la majorité des cartouches (60 %) ne peut pas être recyclée. Certaines sont trop abîmées ; d'autres sont des « clones ». « Ce sont des cartouches, qui proviennent en grande majorité de Chine et dont on ne sait rien. Ni en termes de respect de la propriété industrielle, ni au niveau de la qualité, ni en termes d'environnement », explique Philippe Guénin, qui a repris LVL il y a dix ans. Pas question pour le dirigeant de réintroduire ces « mauvaises cartouches » sur le marché. « D'une part, je ne veux pas être accusé de recel, car certains de ces produits sont des contrefaçons. D'autre part, nous nous sommes engagés à prouver la non-dangerosité des cartouches recyclées au travers d'une convention signée entre la profession et le ministère du développement durable », explique Philippe Guénin.




Les cartouches chinoises impactent le résultat

Étant donné que LVL s'engage aussi à ne pas sélectionner les cartouches qu'elle collecte, le chiffre d'affaires de la PME dépend uniquement de la proportion de « bonnes » cartouches présentes sur le marché. Le problème, c'est que le nombre de clones, moins chers à l'achat pour le consommateur, augmente. Cela dégrade le résultat de LVL, car les cartouches non réutilisables présentent des coûts pour la PME. Ceux de la collecte (sous-traitée à des transporteurs) et de tri mais aussi ceux de la valorisation des produits. Le plus souvent des partenaires récupèrent la matière plastique des cartouches non recyclables ou les transforment en énergie. Des prestations payantes pour LVL. « La revalorisation peut nous coûter 600 euros par tonne », indique Philippe Guénin. Alors, quand les mauvaises cartouches se font plus nombreuses sur le marché, la rentabilité de la PME en pâtit. « LVL a toujours été profitable et l'est toujours, même si, depuis deux ans, on souffre quand même un peu », confie Philippe Guénin.




Deux millions investis

Comment peut réagir la PME devant cet élément de marché qu'elle ne peut pas maîtriser ? « On a industrialisé notre métier », répond le P-dg de LVL. Ces dernières années, la PME a ainsi optimisé ses collectes avec, par exemple, la mise en place d'un logiciel de gestion de la relation client. Cela lui permet de connaître automatiquement les volumes de cartouches stockées au sein des points de collecte. Et, au final, d'optimiser ses coûts de transport en évitant de payer des tournées non rentables. L'industrialisation passe aussi par une massification des flux. Les volumes de cartouches traités sont ainsi passés de 800.000 il y a dix ans à 3,2 millions l'an passé. « Il faut qu'on arrive rapidement à cinq millions de cartouches traitées », fixe le dirigeant nantais. Pour cela, LVL continue, en amont, son travail de fourmi pour convaincre entreprises et administrations à devenir des points de collecte. En aval, la PME vient de se doter d'un nouveau site de 2.300 m² à La Chevrolière. L'investissement de deux millions d'euros permet à l'entreprise de 30 salariés de doubler sa capacité de production. Le marché dispose-t-il de tels volumes de cartouches usagées ? Les chiffres plaident en tout cas en faveur de l'entreprise qui revendique être l'un des plus gros opérateurs du secteur en France. « Il se vend 80 millions de cartouches d'impression chaque année en France. Il s'en collecte entre 15 et 20 % », indique Philippe Guénin. LVL a donc du pain sur la planche, même si, tant pour des questions économiques, que d'habitude des consommateurs et de respect de la législation, il n'est pas si facile de les recycler.

LVL



(La Chevrolière) P-dg : Philippe Guénin 30 salariés 3,9 M€ de CA 02 51 70 92 31

# Services # Investissement