Localismarket se lance. Aujourd'hui, aucune place de marché virtuelle dédiée aux commerces de proximité n'existe. Les ventes aux enchères ont Ebay. Les produits d'occasion ont Le Bon Coin ou Price Minister. Et les détaillants ? Les commerces de proximité ? Les producteurs ou artisans ? Rien du tout. C'est pourquoi, voulant couper court rapidement à toute concurrence, Orion Network lève le voile sur un projet ambitieux. Devenir la plateforme de référence en France pour la mise en relation entre commerces de proximité et consommateurs. Et dès 2015, s'exporter en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne...
300.000 euros de chiffre d'affaires la première année
Soutenu par Bretagne Sud Angels auprès de qui Orion Network a levé 100.000 euros, le projet prône l'achat local. Un message dans l'air du temps. Qui s'accompagne d'un développement logiciel permettant l'embauche de plusieurs informaticiens d'ici à la fin de l'année. Déjà, les deux associés fondateurs Christophe Fournier et Sylvain Gréal ont été rejoints en janvier dernier par un nouvel associé, Christopher Le Caignec. Leur objectif ? Atteindre 300.000 euros de chiffre d'affaires la première année. Et ce, malgré un modèle gratuit...« Nous sommes partis du constat que le pétrole allait coûter de plus en plus cher et qu'il faut désormais penser à consommer local », indique Christophe Fournier, s'appuyant sur le discours de "La Nouvelle économie des territoires" du géographe breton Jean Ollivro ou de l'économiste Américain Jeremy Rifkin avec "La troisième révolution industrielle". Désormais, le web doit amener au commerce... et plus seulement l'inverse. D'ailleurs, une récente enquête réalisée par Opinion Way* pour LCL le prouve. L'achat sur internet s'est généralisé auprès des actifs urbains, sans pour autant se substituer aux commerces traditionnels. Si les achats de produits culturels ou de voyage sont aujourd'hui majoritairement réalisés sur internet, à 47 % et 65 %, ce n'est pas le cas de bien d'autres produits de consommation courante, davantage réalisés dans les commerces traditionnels. Produits électroniques (36 %), vêtements (47 %), parfums (53 %), chaussures (61 %), produits pour la maison (60 %), fleurs (61 %) et produits alimentaires (79 %)... Car ce qui paraît le plus important aux yeux des consommateurs, à 71 %, c'est encore de voir et de manipuler le produit avant de l'acheter, d'en disposer immédiatement à 51 % et d'éviter les frais de port à 45 %.
10.000 commerçants inscrits à la fin de l'année
D'où l'intérêt pour des petits commerces indépendants d'être présents sur un portail web, découpé en régions et en communes, les mettant en avant. Pour eux, la plateforme Localismarket est un service entièrement gratuit. « Nous avons pris comme modèle économique celui du Bon Coin », explique Christophe Fournier. « Tout est gratuit pour le commerçant, comme pour le particulier : la page de la boutique, la mise en ligne des produits... Ce sont les options de lisibilité et les statistiques qui sont payantes. » Et qui devraient générer l'intégralité du revenu de l'entreprise. Christophe Fournier et Sylvain Gréal misent sur 10.000 commerçants inscrits d'ici à la fin de l'année. « Le scénario faible c'est que chacun d'eux paye pour 30 euros d'options par an », indique Sylvain Gréal. Les associés sont actuellement en discussion avec les unions de commerçants de Lorient, Rennes, Nantes et Paris. Pour leur apporter également un portail avec leur propre nom de domaine, utilisant les fonctionnalités de Localismarket. Un sticker à l'effigie du concept Localismarket va également être édité et proposé aux commerçants associés à la démarche pour le fixer sur leur vitrine. Comme une reconnaissance au sein d'un réseau. « Et surtout pour fidéliser les clients sur internet et dans la boutique », complète Christophe Fournier. Une application pour smartphone doit être lancée au mois de mai.
* Etude réalisée auprès de 803 actifs urbains de 25 à 49 ans dans une agglomération de plus de 30.000 habitants, entre le 5 et le 12 décembre 2012.
PLATEFORME WEB Récemment lancée, la plateforme Localismarket s'apprête à inonder l'hexagone.
La start-up à l'origine de ce service dédié aux commerces de proximité, Orion Network à Lorient, a levé 100.000 euros pour son développement.