Alain Costes,
co-fondateur de Mapping Consulting,
ancien directeur de la technologie au ministère de la Recherche (2000-2002)
Comment jugez-vous l'offre toulousaine de formation d'ingénieurs ?
Elle couvre tous les secteurs, au travers de l'Insa Toulouse et de l'Institut national polytechnique de Toulouse, qui fédère sept écoles d'ingénieurs et 17 laboratoires de recherche. En outre, l'essentiel de la formation française dans les domaines de l'aérospatial se fait ici, avec l'Isae et l'Enac. Il faut enfin souligner la création d'Upssitech, à la rentrée, l'école d'ingénieurs de l'Université Paul Sabatier.
Quelles sont ses lacunes ?
L'enjeu est, plus que jamais, l'attractivité internationale. C'est fondamental alors que nous peinons à faire apparaître nos universités et écoles dans le classement de Shanghaï. À tort ou à raison, les étudiants du monde entier le consultent. Dès 2007, l'une des réponses a consisté à regrouper les écoles dans Toulouse Tech. Cette association entend notamment augmenter la visibilité de ses membres. Dans un autre registre, elles devraient mettre l'accent sur des modules de management et de finance. Une première démarche a toutefois été entreprise : l'ESC Toulouse dispense de tels enseignements auprès des aspirants ingénieurs.
Plusieurs universités, dont l'Université Paul Sabatier, soutiennent la création d'un label de Master d'Ingénierie que l'Aeres (qui évalue la recherche et l'enseignement supérieur) a envisagé. Y a t-il un risque de confusion avec le titre d'ingénieur officiel ?
Bien entendu, il serait absurde que deux instances délivrent une certification de titre d'ingénieurs : la CTI pour les écoles d'ingénieurs, et l'Aeres pour les universités. Si ce label de Master devait être entériné, il est impératif que la différenciation soit claire. Les universités auraient dès lors tout à gagner à valoriser ces nouveaux diplômes comme étape naturelle avant le doctorat d'ingénieur.
- TROIS QUESTIONS À