Liébot : Un rachat en Pologne pour attaquer l'Europe
# Investissement

Liébot : Un rachat en Pologne pour attaquer l'Europe

Le groupe Liébot a racheté le fabricant de menuiseries PVC Vetrex en Pologne, (22 M€ de CA, 300 salariés). Objectif : exporter et devenir un leader sur le continent. Parallèlement, un projet d'usine de fenêtres et baies vitrées d'au moins 30.000 m² est à l'étude près de Lyon.

Figurant parmi les leaders français de la fenêtre, le groupe Liébot (1.900 salariés, 402 M€ de CA) s'attaque à l'international. Début juillet, le Vendéen a acquis une société en Pologne nommée Vetrex (près de 300 salariés, 22 M€ de CA), fabricant de menuiseries PVC, à une trentaine de kilomètres de Gdansk, dans le Nord-Est du pays. S'étendant sur un peu moins de 10.000 m², avec des possibilités d'extension, son nouveau site affiche une capacité de 90.000 unités par an. Regroupant les sociétés K-Line, MC France, CAIB, Ouest Alu ou BIPA, le Vendéen Liébot produit essentiellement des fenêtres (88 % de l'activité), ainsi que des ouvertures et portes d'entrées, en PVC, aluminium et mixte bois-alu.




L'Europe Centrale ciblée

Pour Liébot, il ne s'agit pas seulement d'attaquer un marché polonais porteur. Le pays a enregistré 1,9 % de croissance en 2012, 1,5 % en 2013... et table sur une progression d'environ 3 % cette année. Il s'agit aussi de se servir de la Pologne comme d'une « tête de pont pour exporter vers l'Europe centrale », explique sans ambages Bruno Léger, directeur général du groupe. Vetrex vend d'ailleurs déjà en Allemagne, en Autriche ou en Italie. La stratégie sera calquée sur celle pratiquée dans l'Hexagone : des produits haut de gamme et une distribution via la vente directe aux installateurs, artisans et menuisiers indépendants.




Internationalisation du marché à grande vitesse

Une petite révolution pour Liébot qui réalisait jusqu'ici à peine 1 % de son chiffre d'affaires à l'international, via une filiale en Espagne. « Longtemps franco-français, le marché hexagonal s'internationalise à grande vitesse avec l'arrivée de fenêtres étrangères », constate-t-il. De nouveaux concurrents malvenus alors que le marché a reculé, depuis 2008, de plus de 12 millions à 10 millions de fenêtres posées. Cette évolution amène les Français à répliquer. « Si l'on veut rester en tête, il faut jouer sur le même terrain que nos concurrents. Et ce terrain, c'est l'Europe », résume Bruno Léger, qui vise une place de leader sur le continent. La mutation du marché aura été brutale. « Il y a trois ans, si on m'avait demandé de nommer le leader européen de la fenêtre, je n'aurais pas cité un Polonais... Alors qu'ils n'étaient pas nés il y a vingt ans, ce sont désormais les principaux acteurs du continent, commente Bruno Léger. Certains dépassent même le million d'unités produites par an. Ils réalisent en moyenne 30 à 40 % de leurs ventes à l'export. » Depuis trois ans, les industriels polonais sont de plus en plus visibles. Pour preuve, le logo du menuisier Oknoplast s'affiche désormais jusque sur les shorts des joueurs de l'équipe de football de l'Olympique Lyonnais. « Cette nouvelle concurrence a été vécue comme un coup de massue par les professionnels », raconte Françoise Clair, déléguée générale de l'association Menuiserie Avenir, regroupant une trentaine d'entreprises de la région. Jusqu'ici les industriels se sentaient protégés par les barrières non tarifaires (réglementations thermiques, architecturales, le sur-mesure). En quelques années, les pays de l'Est ont su s'adapter.




30.000 m² d'usine près de Lyon

Sur un marché français de la construction sinistré, Liébot n'abandonne pas pour autant ses projets dans l'Hexagone. Anticipant la saturation prochaine de ses usines K-line (leader de la fenêtre aluminium), il projette d'ouvrir un vaste site « d'au moins 30.000 m² » près de Lyon, d'ici 2017, pour y fabriquer des fenêtres et baies vitrées. 13,5 hectares ont été réservés sur le parc industriel de la Plaine de l'Ain (avec possibilité d'y ajouter 15 hectares par la suite). « Ce projet reste au stade de l'étude. Si tout se passe bien, le permis de construire sera déposé avant la fin de l'année. Mais la décision finale n'interviendra qu'en fonction des ventes et de l'orientation du marché... », tempère Jean-Pierre Liébot, directeur de la communication du groupe.




L'Est de la France, principal relais de croissance

Un choix motivé par l'attractivité de l'Est de la France, son principal relais de croissance dans l'Hexagone. Le site offre des atouts en termes logistiques, pour livrer ses clients en deux jours, limiter coûts de transports et bilan carbone. Depuis 2009, le Vendéen a toujours été en croissance, en termes d'effectifs comme de chiffre d'affaires (+ 6,6 % de CA en 2013, après un +20 % sur les deux années précédentes cumulées). Notamment grâce à K-Line. De 2011 à 2013, il a ainsi pu créer plus de 350 postes. Et emploie près de 2.000 salariés. Si son dernier projet peut être décalé dans le temps, sa réalisation à terme semble faire peu de doute, à moins d'un cataclysme économique, selon la direction. Avec là aussi des emplois à la clé : « Des dizaines au lancement et p

lusieurs centaines à terme ».

Liébot



(Les Herbiers) Président : André Liébot 1.900 salariés 402 M€ de CA 02 51 66 86 36

Lyon Vendée # Investissement