Frappée de plein fouet par l'effondrement du marché du photovoltaïque, Libre Énergie compte se relancer avec le lancement d'un générateur autonome solaire. Pour soutenir la commercialisation de ce produit, la PME bouguenaisienne vient de faire entrer à son capital le fonds Idée du conseil régional des Pays de la Loire et la société d'investissement nantaise Bamboo. Les deux structures prennent 20 % des parts, les dirigeants Frédéric Chéreau et Bruno Grimaud restant majoritaires. Avec la crise du photovoltaïque, le chiffre d'affaires de l'installateur et bureau d'études Libre Énergie a été divisé par six en deux ans, la PME ayant perdu jusqu'à deux tiers de son effectif. « Ces deux dernières années, on a perdu de l'argent. À cause de la crise, parce qu'il a fallu réadapter la taille de l'entreprise à l'activité, mais aussi parce que nous avons investi », confie Frédéric Chéreau.
Une maison ou un village
« Pour nous en sortir, nous avons jugé que nous n'avions que deux options : l'innovation et l'export », poursuit le dirigeant nantais. Après avoir injecté près de 250.000 euros en R & D, la PME lance sa première gamme de produits qu'elle compte vendre à l'international. Ses générateurs solaires concurrencent les groupes électrogènes dans des zones non couvertes par les réseaux électriques. Les plus petits modèles sont conçus pour alimenter une maison individuelle, les plus puissants, de la taille d'un conteneur de 40 pieds, peuvent fournir de l'électricité à un village d'une centaine d'habitations. Pour fabriquer son générateur solaire, Libre Énergie est en train de doter ses locaux de Bouguenais d'une petite chaîne de montage capable d'assembler 300 unités par an. Une centaine de milliers d'euros ont ainsi été investis. Ayant réalisé ses cinq premières ventes, Libre Énergie cible en priorité les marchés du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest (Sénégal, Cameroun, etc.). Elle a pour cela ouvert en début d'année une agence à Casablanca, au Maroc, constituée de deux collaborateurs chargés de conclure des accords de distribution avec des acteurs africains. Les quatre premiers distributeurs ont ainsi été sélectionnés au Maroc. Parallèlement, la PME regarde le marché du Moyen Orient. Frédéric Chéreau espère que cette nouvelle activité représentera 20 % de l'activité de l'entreprise cette année, puis plus de 60 % à partir de 2014. Pour cela, il lui faudra convaincre la clientèle d'investir cinq fois plus que dans un groupe électrogène, dont le prix avoisine les 3.000 €. « On est plus cher à l'achat, mais après on n'a aucun coût de maintenance et d'exploitation. Contrairement au carburant, le soleil c'est gratuit », indique le dirigeant qui promet un retour sur investissement en quatre ans. « La principale difficulté, c'est que les Africains n'ont pas toujours une vision à long terme et un accès au crédit », poursuit Frédéric Chéreau.
Début de rebond en France
Le dirigeant compte faire passer le chiffre d'affaires de Libre Énergie d'un million d'euros en 2012, à trois millions l'an prochain et à neuf millions en 2015. Les générateurs solaires pourraient ne pas être les seuls à relancer l'activité de la PME. « Comme nos confrères, on sent actuellement un regain d'activité sur le marché français du photovoltaïque », soutient Frédéric Chéreau qui, en conséquence, a procédé à trois recrutements ces derniers mois.
Libre Énergie
(Bouguenais) Dirigeants : Frédéric Chéreau et Bruno Grimaud 13 salariés 1 M€ de CA en 2012 02 51 71 76 27