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Les prothèses d’Aqualeg remboursées par la Sécu
Nantes # Santé

Les prothèses d’Aqualeg remboursées par la Sécu

La TPE de Thouaré sur Loire qui fabrique des habillages de prothèses imperméables vient d’obtenir de la part de la Sécurité sociale l’autorisation de remboursement. Un précieux graal qui va permettre à Aqualeg de multiplier ses ventes par trois et d'attaquer le marché allemand.

« On vient de passer du statut de startup à celui de PME », s’enthousiasme Frédéric Rauch. Le P-dg d’Aqualeg vient d’obtenir ce qui peut s’apparenter à un graal pour une entreprise qui travaille dans la santé. Ses habillages de prothèses sont désormais référencés et remboursés par la Sécurité Sociale. Une autorisation peu fréquente, réservée aux 20% de dispositifs médicaux jugés comme proposant une amélioration de service attendu. Une belle performance pour cette entreprise qui a commencé à vendre ses produits il y a tout juste quatre ans.

Pour se doucher et se baigner avec sa prothèse

Pour obtenir cette certification, Frédéric Rauch s’est battu pendant deux ans. Le temps de réaliser les études cliniques et tous les tests avec des orthoprothésistes. « L’évaluation est très sévère. D’habitude, la Sécurité Sociale sélectionne des nouveautés sur des produits déjà existants, pour un nouveau produit comme le mien, c’est très rare», commente Frédéric Rauch. C’est lui qui avait créé cet habillage de prothèse, il y a plusieurs années : « Je suis moi-même amputé d’une jambe, j’avais à l’origine créé cet habillage de prothèse pour moi. C’est une personne d’Atlanpole Biothérapies qui m’a donné l’idée de créer mon entreprise », se rappelle le juriste de formation. Ses habillages de prothèses permettent à toutes personnes amputées de pouvoir se doucher et se baigner sans enlever sa prothèse. « Si vous avez des enfants, vous avez déjà connu les vacances à la mer avec une jambe dans le plâtre et vous savez comme c’est frustant et pénible pour la personne concernée. Alors imaginez pour celles et ceux qui ont une jambe dans le plâtre toute leur vie. »

Un produit qui n’existe nulle part ailleurs

Grâce à ce référencement de la Sécurité sociale, Frédéric Rauch va pouvoir tabler sur une production de 700 à 800 prothèses par an et espère réaliser 2 millions d’euros de chiffre d’affaires dès la fin 2017. Pour faire face à la demande, la petite structure de 6 salariés, basée à Thouaré sur Loire, va embaucher deux personnes en début d’année puis deux autres d’ici un an. « On va multiplier par 3 notre chiffre d’affaires dans les 5 prochaines années, on a créé un produit qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde », précise Frédéric Rauch.

L’entrepreneur nantais tient à remercier « tout l’écosystème nantais. Sans Atlanpole Biothérapies, la Région, BPI, Réseau entreprendre, je n’aurai pas osé me lancer dans l’entrepreneuriat », raconte Frédéric Rauch. « Ici les entreprises entre elles communiquent facilement. Ce n’est pas le cas partout. On a un écosytème d’innovation vertueux, une synergie très positive», remarque le chef d’entreprise.

Le marché allemand, deux à trois plus grand

Il compte attaquer le marché allemand dès 2017. C’est un marché deux à trois plus gros que le marché français. « Là bas, les patients sont plutôt des personnes âgées atteintes de diabète. On ne le sait pas forcément, mais le diabète peut provoquer des amputations. Le diabète, c’est une amputation toutes les 30 secondes dans le monde », précise Frédéric Rauch. En revanche, l’unité de production américaine, ouverte en 2013, est en sommeil, pour le moment. La faute à l’Obamacare « Il y a eu énormément de déremboursement de la part des mutuelles, et mon secteur a beaucoup souffert », précise le P-dg. Il conserve tout de même le bureau en attendant de voir ce que fera Donald Trump.

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