Les entreprises sur le tapis vert
# Investissement

Les entreprises sur le tapis vert

Les produits financiers dérivés circulant dans le monde représentent 600.000milliards de dollars... Dix fois le PIB mondial! Dans cette finance hors sol, les traders profitent de tout ce qui peut se titriser et lancent leurs dés. Matières premières, céréales, monnaies, capitaux des entreprises sont secoués comme dans une roulette de casino au point d'ébranler l'économie mondiale. Aucune intention de financer l'économie et les entreprises, comme c'était le rôle de la Bourse, mais juste de gagner sur l'argent des autres, sans risque, sans initiative, sans utilité sociale. Certaines entreprises en viennent à douter même de l'utilité de la Bourse, excédées de subir l'instabilité des marchés et leurs exigences de rentabilité absurdes. Entre ceux qui jouent à la Playstation financière et les entrepreneurs s'échinant à bâtir une entreprise, le fossé se creuse. On assiste à une guerre économique contre l'économie. Le Prix Nobel d'économie, Joseph Stiglitz observe d'ailleurs que les pays émergents qui ont réussi dans la mondialisation sont ceux qui ont fermé leurs portes à la finance à court terme. On attend des États et de l'Europe le coup de sifflet de l'arbitre qui mettra au pas la spéculation et la rendra transparente. Comme l'exprime très bien Michel Barnier: «Il faut mettre la finance au service de l'économie réelle, et l'économie réelle au service de la croissance». Mais le programme est vaste! Je fais même un rêve: des entreprises liguées pour reprendre le pouvoir sur leur financement... Outil ou veau d'or, quel rôle doit tenir l'argent? Quel espace de Réel et d'Humanité laisse t-on s'épanouir face à lui? Quelles que soient nos convictions, ces questions nous sont posées collectivement, mais aussi individuellement. @email NOUS par Vincent Combeuil
Directeur des rédactions

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