Quatre millions d’euros. C’est le montant du nouveau plan d’investissement préparé par Coveris Flexible France (deux sites en Haute-Loire dont le siège social, un à Angoulême et le vaisseau amiral de Firminy). La filiale du groupe américain Coveris (CA 2016 : 3 milliards d’euros ; 10.500 salariés) est spécialisée dans la production d’emballages souples et rigides pour les matériaux de construction, l’agroalimentaire et le petfood (sacs de croquettes) notamment.
Accélérer la croissance sur le petfood
Ce plan, programmé pour 2018, concerne notamment l’acquisition de deux machines de transformation de soudure destinées à proposer des solutions d’emballage innovantes pour le petfood. Louis Chatelard, directeur des trois sites français, doit présenter son programme à son actionnaire, le fonds d’investissement Sun Capital Partner, dans les toutes prochaines semaines. Sans langue de bois, il confie : « je suis confiant pour une des deux machines, un peu moins sur l’autre. Si un client s’engageait sur cette nouvelle technologie (confidentielle NDLR) d’ici là, je serai évidemment plus sûr de moi ! ». Il faut dire que Coveris Flexibles France sort déjà d’un plan d’investissement de dix millions d’euros (2015/2016) répartis sur les sites de Montfaucon-en-Velay (un million d’euros), Saint-Pal de Mons (3 millions d’euros) et Firminy (6 millions). Il a permis d’augmenter les capacités de production liées au petfood de 30 %. 22 % de ces nouveaux moyens de production sont déjà utilisés. « Le petfood est un marché en plein essor au niveau mondial. Nous sommes aujourd’hui numéro deux européen sur ce secteur, exaequo avec le groupe Mondi, derrière Amcor. Notre objectif est de devenir un vrai numéro deux en mettant de la distance avec notre concurrent direct » lance Louis Chatelard. Le petfood a pesé pour 25 millions d’euros dans le chiffre d’affaires de Coveris France en 2015, 30 millions d’euros en 2016 et pourrait représenter plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2020.
Pour convaincre le groupe Coveris d’investir de nouveau dans son usine, Louis Chatelard va dégainer deux arguments principaux : d’un côté sa capacité d’innovation avec sa désignation depuis quatre ans comme centre de recherche petfood pour le groupe, de l’autre, sa compétitivité accrue.
La réduction des coûts
Depuis un an, Coveris Firminy a mené un travail important pour réduire ses déchets de production, avec à la clé une réduction drastique à deux chiffres (chiffre exact non communiqué). « Notre coût de production repose pour 60 % sur les matières premières. Donc, toute réduction des déchets améliore significativement notre compétitivité (niveau non précisé, de même que le niveau de résultat net) ».
Pour y parvenir, l’entreprise a revu sa méthode de management en inversant l’impulsion des actions. « Nous avons toujours eu des actions de progrès mais elles étaient jusqu’ici téléguidées par l’encadrement. Nous avons perçu un essoufflement. Pour redonner du sens au travail de nos opérateurs, pour faire repartir les gains de productivité, nous avons décidé d’impliquer toutes les équipes avec des objectifs et des debriefs quotidiens. Les opérateurs sont désormais moteurs. Les résultats ne se sont pas fait attendre », se réjouit le directeur d’usine, qui compte bien mettre en avant cette réussite pour décrocher le feu vert de son actionnaire.