Maine-et-Loire
L'économie au coeur des enjeux du nouveau territoire Saumur-Val de Loire
Interview Maine-et-Loire # Collectivités territoriales

Jean-Michel Marchand Jean-Michel Marchand L'économie au coeur des enjeux du nouveau territoire Saumur-Val de Loire

Née début 2017, la nouvelle agglomération Saumur-Val de Loire réunit 49 communes et 101.000 habitants. Avec 5.000 entreprises et 40.000 emplois, le développement économique est au coeur des enjeux du territoire. Le point avec Jean-Michel Marchand, le président de l'agglomération.

Le Journal des Entreprises : Vous êtes, depuis janvier, le président de la nouvelle agglomération Saumur-Val de Loire et vous avez pris en direct le volet économique...

Jean-Michel Marchand : La compétence économique est pour moi la première des compétences et elle est sous ma responsabilité. Avec la nouvelle intercommunalité, nous avons désormais trente zones de développement économique dont treize sur « l'ex-Saumur agglo ». Cela représente autour de 5.000 entreprises et près de 40.000 emplois. En 2017, nous avons investi 5 millions d'euros rien que pour l'aménagement de ces zones. Nous allons démarrer, ce semestre, la troisième tranche de la zone de la Ronde à Neuillé avec, à la clé, une trentaine d'hectares supplémentaires (portant l'ensemble à une soixantaine d'hectares), nous avons programmé 2 millions d'euros de travaux sur celle de Montreuil, sur 210 hectares il n'en reste qu'une quarantaine à commercialiser... Notre rôle est d'abord d'accompagner les entreprises du territoire qui veulent se développer. Je pense par exemple à Castel, Denkavit ou Brothier qui ont beaucoup investi ces dernières années. Nous devons également pouvoir accueillir des entreprises nouvelles. Nous avons adapté notre dispositif avec des ateliers relais, des hôtels d'entreprises (plutôt dédiés aux activités de services). Nos pépinières de Distré et Longué sont quasi pleines...

Vous avez aussi élargi la compétence économique aux commerces...

J.M.M. : En effet. C'est un choix politique. L'agglomération s'occupe désormais des commerces dans les communes et dans le centre-ville de Saumur. Nous avons lancé une étude sur ce sujet avec la CCI pour avoir une vue d'ensemble et établir un diagnostic. Quand on compare les mètres carrés entre les zones périphériques et le centre-ville de Saumur, on s'aperçoit que c'est à l'avantage du centre-ville. Le commerce reste très dynamique avec de gros projets : l'arrivée de la FNAC cet automne en périphérie dans les anciens entrepôts d'Intermarché et l'ouverture de Monoprix dans le centre-ville.

Quels sont les outils dont vous disposez en matière de développement économique ?

J.M.M. : Nous avons quatre outils : le service économique de l'agglomération qui compte cinq personnes ; l'Agence de développement du grand saumurois (ADGS) en charge de l'animation des différentes filières et de la prospection vers l'exogène ; la Maison de l'emploi et les formations supérieures. Sur ce dernier point, on ne peut que se réjouir du futur pôle de formation mutualisé du Saumurois qui ouvrira à la rentrée de septembre 2019. Ce nouveau bâtiment (NDLR financé par la Région) accueillera les formations universitaires, l'école d'infirmières et les Compagnons. À terme, il aura une capacité de 800 élèves. Aujourd'hui, nous avons plus de 1.000 étudiants à Saumur avec un campus qui colle au territoire en proposant des cursus qui correspondent à nos filières : équine, oenologie, tourisme et patrimoine.

Saumur est l'un des « points noirs » du département avec quelque 10 % de demandeurs d'emploi...D'après l'étude annuelle Pôle Emploi, la situation s'améliore. C'est le cas ?

J.M.M. : La reprise se confirme sur notre territoire (NDLR le pourcentage de chômeurs serait passé en dessous de la barre des 10 %). Ici comme ailleurs sur le département, elle a été amorcée dès 2016. Aujourd'hui, les sociétés d'intérim ont même des difficultés à recruter. Nous sommes en train de mettre en place des formations, en lien avec les écoles militaires de Saumur. Elles répondent à des besoins sur des postes de chauffeurs-livreurs ou de management/chefs d'équipe.

Le tourisme est toujours l'un des axes forts du Saumurois ?

J.M.M. : Nous avons créé une Société publique locale (SPL) dédiée. Le territoire de la nouvelle agglomération accueille un million de visiteurs par an dont un quart pour le Bio Parc de Doué-la-Fontaine qui est une de nos deux locomotives avec l'Abbaye de Fontevraud. Un arrêté préfectoral a validé cette année le surclassement de Saumur qui était jusque-là « station de tourisme ». Cela signifie que nous avons une capacité d'accueil sur le territoire qui va jusqu'à 60.000 personnes. Ce nouveau classement renforce la ville de Saumur comme pôle d'attractivité du territoire. Sur la ville, les structures d'accueil (hors résidences secondaires) totalisent 18.000 lits.

Quels sont les grands projets pour les années à venir ?

J.M.M. : L'implantation d'un Data Center dans des caves troglodytes est l'un des sujets d'avenir pour le territoire. Les expérimentations se sont révélées concluantes. Depuis le 30 juin, la société publique qui portait le projet, n'existe plus. C'est l'agglomération qui reprend la main. La commercialisation a été lancée, nous y travaillons avec la région Pays de la Loire. Nous allons prochainement recréer une société. Côté aménagement, nous allons démarrer avant fin septembre les études pour le doublement de la rocade sud de Saumur avec la construction d'un nouvel échangeur. Les convois exceptionnels passeront par là. Nous en profitons pour créer une ZAC qui mixera zone d'activités tertiaires et habitat. Ce projet de 12 millions d'euros est financé à 80 % par la Région et le Département. Le premier coup de pioche sera donné courant 2018 pour une livraison à la fin du mandat.

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