«Chaque année, le marché du Drive progresse de 30%», explique Claude Hervé, le propriétaire du Leclerc des Fontenelles. Pas étonnant, alors, qu'il soit sur le point d'ouvrir son deuxième drive auMans, après celui de l'avenue Rhin et Danube. Situé boulevard Brossolette, juste avant le carrefour avec l'avenue Félix-Geneslay, en bordure de la rocade, la structure ouvrira le 13mars prochain. «C'est vrai que les drives poussent comme des champignons», sourit le patron. Les deux aînés du futur bébé, à Allonnes et sur la route d'Alençon, font un tabac. Sur le parking du drive de l'avenue Rhin et Danube, entre LeMans et La Chapelle Saint-Aubin, le ballet des voitures est incessant. À partir de 17heures, coffres ouverts et consommateurs pressés se succèdent aux bornes de livraisons. Les commandes, passées sur internet, sont apportées en moins de cinq minutes chrono. Et ça marche: le drive reçoit 300 clients en moyenne par jour, 450 le samedi.
«Bêtes de guerre»
Comme son grand frère de la route d'Alençon, le drive de la rocade ne sera pas accolé à un supermarché mais totalement indépendant. «Le drive et l'hypermarché sont deux marchés différents, précise Claude Hervé. L'hypermarché correspond à un achat loisir. Le drive, aux achats corvée.» Voilà pourquoi l'emplacement est si stratégique. «Un drive doit se situer sur le trajet domicile-travail, poursuit le patron. C'est pour ça que nous créons de véritables bêtes de guerre, totalement indépendantes des supermarchés classiques.» Le drive du boulevard Brossolette, c'est 25 à 30 nouveaux emplois à l'ouverture et 3.500m² de stockage, dont 300 de chambre froide. Un investissement total de cinq millions d'euros, qui comprend la location des bâtiments au groupe Hérimo. Et un chiffre d'affaires prévu de huit millions d'euros par an, le chiffre atteint par les deux premiers drives manceaux. Avec moins de stocks et moins d'employés, la structure coûte moins cher qu'un magasin traditionnel. Mais rapporte moins. «Une fois en hyper, le consommateur se laisse davantage tenter par les promotions ou les têtes de gondole», tempère Claude Hervé. Il espère tout de même déclencher l'achat coup de coeur, même en ligne. «Sur la page d'accueil du site internet, les promotions sont automatiquement proposées aux clients». Car si les frais de fonctionnement d'un drive sont inférieurs à ceux d'un hyper, les marges y sont aussi moindres. Un hypermarché compte 60.000 références, un drive 7.000. Presque 10 fois moins.
Faire ses courses en pleine nuit
Pourtant, le drive est rentable. Moins d'employés, un espace interne optimisé au maximum et sans fioritures, puisque les clients ne pénètrent jamais dans l'entrepôt. Ils viennent au drive pour sa simplicité, sa rapidité... et la souplesse d'internet. «Nous recevons des commandes passées à 21h, 22h ou même 3h du matin», se réjouit Claude Hervé. Ensuite, le consommateur choisit le moment de la livraison: entre 8h à 20h30 à l'entrepôt. Délai minimum de livraison: une heure. Pour autant, ceux qui préfèrent flâner en rayon et discuter avec les caissières ne seront pas privés de nouveauté: le président du conseil de surveillance du MSB planche sur un autre projet d'envergure: le déménagement du Leclerc des Fontenelles à Yvré-l'Évèque. «Le projet est à l'étude, élude-t-il. Les terrains sont en cours d'acquisition. Nous avons déjà des plans détaillés.» Le futur hyper devrait ouvrir en 2015.
Distribution Un troisième Leclerc Drive ouvre dans deux mois au Mans, boulevard Brossolette, en bordure de la rocade Sud. 25 à 30 emplois seraient créés et 8 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel attendus.