Comment s'est passée votre arrivée à la tête du CASE Rugby?
Je suis arrivé à la présidence du club dans une situation que personne n'attendait. J'ai débarqué dans un club amateur qui est devenu en quelques mois un club professionnel. Ce n'est pas du tout la même gestion. Il y a un fossé incroyable entre l'amateurisme et le professionnalisme. On avait un projet de monter entre trois et cinq ans (ndlr: montage d'une SASP dans ce but-là). Il a fallu dans un espace de 3 semaines faire ce qu'on a avait prévu de faire en 3 ans... et ainsi construire une équipe compétitive pour la Pro D2.
Comment avez-vous géré ce chamboulement pour le club?
Je ne suis pas seul à gérer le club. Nous sommes aujourd'hui 9 chefs d'entreprises, représentant 9 administrateurs et on s'est réparti les différentes tâches du club. Nous sommes structurés. Nous sommes aujourd'hui une PME de 45 salariés. Je ne sais pas si, cette année, beaucoup d'entreprises ont créé 45 emplois... Le seul point noir au tableau est le peu de soutien que nous recevons de la part des pouvoirs publics par rapport à d'autres sports comme le basket. Nous sommes aidés mais pas suffisamment. Nous avons 36 joueurs, dont 15 sur le terrain avec des Stéphanois d'origine. Nous avons un centre de formation, un public fidèle de 2.000 à 3.000 personnes à chaque match mais seulement 130.000€ de subventions. S'il n'y a pas d'argent dans les caisses publiques, on peut le comprendre mais alors il n'y en a pour personne. Ce qui est pénible, c'est qu'il faut toujours se battre, avec une impression de gêner alors que nous apportons un nouveau produit sportif à la ville, permettant de donner une bonne image de Saint-Etienne. Heureusement, nous pouvons compter sur un soutien fort du côté privé et entrepreneurial que nous souhaitons développer.
En parlant de Saint-Étienne, quelle image avez-vous de l'évolution de la ville?
Je sais que le territoire stéphanois a un véritable potentiel mais il ne faut pas se tromper de combats. Saint-Étienne
n'a pas ou peu de potentiels artistiques ou touristiques. Ca ne sert à rien d'investir là-dedans. Les alentours sont attrayants mais la ville pas vraiment. Il faut être réaliste, deux paramètres sont des atouts indéniables de Saint-Étienne. Tout d'abord, le tissu de PME est le deuxième de France. Capitalisons sur les entreprises, l'innovation et le dynamisme économique et arrêtons la ?beausseign'attitude?. On a connu des grands malheurs comme Manufrance mais c'est terminé. Notre avenir est devant nous. L'autre chose que nous avons, c'est le sport. Ca ne coûte pas très cher d'investir sur ce secteur. Montpellier a réussi par exemple à se donner une image extraordinaire grâce au sport. Arrêtons de nous diversifier. Par exemple, l'agrandissement de Geoffroy-Guichard est une erreur car ce serait simplement pour une manifestation ponctuelle. Il y a besoin d'autres infrastructures sportives... Notamment pour la boxe.
Quels sont désormais vos projets personnels?
J'aurais connu les trois vies de Gibaud: la vie familiale, la vie
sous le LMBO, maintenant je connais la vie dans un groupe international. Il y a encore beaucoup de choses à faire pour intégrer Gibaud au sein d'Ossür. J'ai de grands projets à mener à bien. D'autre part, maintenir le CASE en Pro D2 est un dessein qui me tient à coeur. Même si nous ne partons pas gagnants, le fait d'y avoir goûté est important. J'aimerais également voir mes enfants heureux dans la vie et partir au bord de la mer, dans une maison à la fin de ma carrière.