Les beaux jours ne semblent pas encore être de retour dans le secteur du BTP. Si l'opération 10.000projets lancée par la Fédération nationale des Travaux publics, la mise du Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) dans le cadre du Plan de Relance ou encore la signature de la convention de financement de la seconde phase de la LGV Est ont eu un effet positif sur le moral des entreprises, il semble que les retombées sur l'activité ne soient pas encore réellement mesurables. «Dans les travaux publics, nous enregistrons cette année une baisse d'activité fluctuante de 8 à 20% selon qu'il s'agisse de voiries, de génie civil ou autres, précise Patrice Haltebourg, président de la FRTP Lorraine. La Meuse et les Vosges étant les deux départements les plus impactés.» Et si jusqu'à présent la profession résistait et faisait le dos rond, la sonnette d'alarme reste malgré tout tirée. «Nos carnets de commandes sont bas et nous sommes dans le brouillard en ce qui concerne les perspectives pour 2010.» Face à l'absence de reprise dans ce secteur d'activité dont près de 70% de la clientèle est constituée de collectivités publiques locales, plusieurs raisons sont évoquées. «Le principal frein vient de l'annonce de la suppression de la taxe professionnelle qui a provoqué un sentiment d'incertitude de la part des collectivités quant aux financements de leurs futurs investissements.» Sans compter que la disparition des DDE et des DDA n'a pas non plus joué un rôle favorable dans la mise en place de projets dans les petites communes et petites collectivités. Celles-ci ne disposant plus forcément des compétences requises. Autre problématique pointée du doigt par la Fédération qui représente 10.500 emplois directs (hors intérim), la pratique de prix anormalement bas et «dont profitent les donneurs d'ordre. Cette attitude irresponsable joue sur le court terme et risque d'engendrer des problèmes sociaux importants. L'entreprise et le client ont des devoirs réciproques et doivent être socialement responsables», milite Patrice Haltebourg.
En dépit de la crise et d'une baisse d'activité dans le secteur du BTP, celui-ci résiste et fait le dos rond.