«Le projet est né de la nécessité de financer nos projets de développement. Nous venions d'achever le plan de développement 2006-2010 et abordions le nouveau plan couvrant la période 2011-2014. Il a pour but de faire passer Le Noble Âge de 3.800 lits au 31décembre 2010 à 6.900 en 2014. La question s'est donc posée de savoir comment sécuriser les financements. Nous souhaitions diversifier notre dette, alors essentiellement bancaire, en faisant appel aux marchés. Nous avons également voulu profiter d'une fenêtre de tir du marché car nous sentions poindre des tensions sur les marchés du financement. Début 2011, nous avons donc étudié différentes solutions. Les dettes obligataires classiques avec remboursement in fine étaient peu accessibles ou hors de prix pour une société de la taille du Noble Âge. Les produits convertibles, remboursables pour partie en fonds propres ou en dettes, présentaient un risque important de dilution en capital pour les actionnaires du groupe. Le challenge consistait donc à trouver une solution de financement innovante, pas trop coûteuse et limitant le risque de dilution.
Un produit obligataire original
C'est à ce moment que nous avons pensé à un produit obligataire original, l'Ornane (NDLR: obligation à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes). Le mécanisme est le suivant: si vous empruntez 100, vous remboursez 100 in fine, en versant un intérêt fixe annuel d'environ 5%. Le plus de ce produit réside dans l'intéressement de l'investisseur obligataire à la performance boursière. Si le cours de l'action augmente, au-delà du prix d'émission de 18,2€, l'investisseur reçoit un pourcentage du capital du groupe sous la forme d'attribution d'actions existantes ou nouvelles. En revanche, si le cours baisse, il n'est pas pénalisé. Pour l'actionnaire, il n'est pas gênant d'accepter de se diluer si le cours est en hausse car il pourra financer de nouveaux besoins de développement avec moins de titres qu'auparavant. Ce montage nous a donc permis de nous financer à moindre coût en limitant le risque dilutif. L'inconvénient, car il y en a un, est que l'investissement supplémentaire, en cas de progression du cours de Bourse, doit être provisionné comme charges financières. Cet intéressement supplémentaire pour l'investisseur représente, financièrement parlant, le coût de l'option valorisé à la juste valeur. Les variations du cours de bourse n'ont pas d'impact en termes de cash mais, paradoxalement, le compte de résultats se dégrade quand l'action monte du fait de l'anticipation d'actions à l'échéance. Il faut donc faire preuve de pédagogie auprès des actionnaires et du marché pour expliquer le mécanisme.
Délais très courts
L'opération a été réalisée sur un calendrier hyper court. Nous avons effectué un pré-placement en janvier2011. Mi-février, nous avons placé une journée auprès des investisseurs institutionnels et deux journées auprès du grand public. Et nous avons encaissé les fonds le 21février. Au total, nous avons levé 50millions d'euros, diminués d'un million d'euros de frais d'émission. Aujourd'hui, nous avons la trésorerie pour mener notre plan de développement et nous avons démontré que nous savions prendre des initiatives innovantes dans un contexte de raréfaction du crédit.»
Le Noble Âge
(Nantes) P-dg: Jean-Paul Siret 2.300 salariés 206M€ de CA 02 40 16 06 83