Morbihan
Le marché de l’emploi morbihannais se transforme face à une mutation des besoins des entreprises
Morbihan # Commerce # Créations d'emplois

Le marché de l’emploi morbihannais se transforme face à une mutation des besoins des entreprises

Après plusieurs années de forte croissance, les intentions d’embauche reculent légèrement dans le Morbihan en 2026. Si le marché de l’emploi revient à son niveau d’avant-crise, l’enquête annuelle de Besoins en main d’œuvre de France Travail met surtout en lumière une profonde transformation des besoins des entreprises.

Le secteur agricole affiche les plus importantes intentions d’embauche dans le Morbihan — Photo : Sergiy Bobok - stock.adobe.com

Après plusieurs années d’euphorie sur le front de l’emploi, le Morbihan entre dans une phase de normalisation. L’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) 2026 de France Travail recense 32 285 projets de recrutement, soit un recul limité de 1,4 % sur un an. Un niveau qui ramène le département à ses volumes d’avant-crise sanitaire, sans pour autant traduire un coup d’arrêt du marché. Derrière cette apparente stabilité se dessine une mutation des besoins des entreprises, entre arbitrages économiques, tensions persistantes et montée des emplois saisonniers.

Les recrutements en CDI ou en contrats durables fléchissent de 6 %, tandis que les intentions d’embauche saisonnières progressent de 5,3 %. Un mouvement qui reflète les ajustements des employeurs dans un contexte de croissance plus modérée et de visibilité réduite. La part des établissements prévoyant de recruter s’érode également, à 28,7 %, signe d’un marché qui retrouve progressivement un rythme plus conforme aux standards d’avant 2020.

Les secteurs se rééquilibrent

L’évolution est loin d’être homogène. L’agriculture (+ 31,1 %) et l’industrie (+ 20,5 %) affichent les plus fortes progressions des intentions d’embauche, portées notamment par les besoins de production. L’agroalimentaire (+ 8,7 %) et les services aux entreprises (+ 8,1 %) demeurent également bien orientés.

À l’inverse, les secteurs les plus sensibles au ralentissement de l’activité réduisent leurs perspectives de recrutement. La construction enregistre une baisse de 19,2 %, devant les services à la personne (-8,5 %) et le commerce (-6,1 %). Cette redistribution des besoins traduit un déplacement des moteurs de l’emploi plutôt qu’une dégradation généralisée du marché.

Les tensions de recrutement reculent elles aussi. Désormais, 51 % des projets d’embauche sont jugés difficiles à concrétiser, soit 9,2 points de moins qu’en 2025. Une amélioration qui reste toutefois relative : les difficultés demeurent particulièrement élevées dans la construction et progressent dans l’industrie, tandis que les écarts restent marqués d’un bassin d’emploi à l’autre.

Changer d’échelle

Pour France Travail Bretagne, cette évolution impose une adaptation des politiques d’accompagnement. L’opérateur entend renforcer son approche par filières, afin de mieux anticiper les besoins en compétences et d’ajuster les formations aux réalités économiques locales.

"Le marché de l’emploi breton se stabilise en 2026, mais il se transforme en profondeur. France Travail est au cœur de cette transformation pour accompagner les entreprises à recruter et les demandeurs d’emploi à s’adapter à ces nouvelles réalités", souligne Angélique Goodall, directrice régionale de France Travail Bretagne.

L’établissement mise notamment sur une coopération renforcée entre entreprises, organismes de formation et acteurs de l’insertion. "Il n’y a pas de projet structurant sans une mobilisation collective. Notre ambition est de mieux faire correspondre les compétences aux besoins de recrutement et de sécuriser les parcours professionnels dans la durée", poursuit-elle.

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