Si nous ne remplissons plus nos feuilles de soins à la main pour les adresser à la caisse d’assurance maladie avant qu’elle ne procède au remboursement partiel et le transmette à l’assurance complémentaire, on le doit à la création du GIE SESAM-Vitale, au Mans, en 1993. C’était là sa première mission : organiser la dématérialisation des feuilles de soins. Aujourd’hui, ce sont 1,4 milliard de feuilles de soins qui sont dématérialisées chaque année… Le GIE SESAM-Vitale a également assuré le développement de la carte Vitale à partir de 1998.
Actuellement, il est mobilisé sur la seconde feuille de route du Numérique en santé, un programme d’actions de quatre ans courant sur la période 2023-2027. Il déploie dans ce cadre l’application carte Vitale, qui sera généralisée partout en France en ce mois de novembre.
Concevoir des outils
Depuis 32 ans, le GIE SESAM-Vitale est le premier acteur de la transformation numérique de santé en France. "Nos missions sont de concevoir les outils avec leur développement informatique, détaille Anthony Gomes de Carvalho, directeur général du GIE SESAM-Vitale Nous assurons également le maintien du niveau de service et de surveillance et nous accompagnons aussi tous les acteurs du numérique en santé, comme les éditeurs de logiciels ou les fabricants de lecteurs de cartes utilisés chez les praticiens ou dans les établissements."
De même, le GIE SESAM-Vitale exerce une forme de veille pour éclairer ses différents membres, caisses d’assurance maladie et fédérations de mutuelles, sur tous les sujets liés au numérique en santé.
225 collaborateurs au Mans
Opérateur de statut privé avec une mission de service public sous la tutelle de trois ministères, ceux du Budget, de la Santé et de l’Agriculture, doté d’un budget de près de 64 millions d’euros en 2025, le GIE SESAM-Vitale emploie au Mans 225 personnes en CDI, dont 88 % d’ingénieurs et de cadres. "Nous avons une dizaine de postes ouverts, précise Carole Fongue-Kayser, secrétaire générale du GIE SESAM-Vitale, et nous accueillons aussi au quotidien dans nos locaux environ 70 prestataires extérieurs, par exemple pour l'assistance technique ou la sécurité informatique." Avec des retombées locales : en 2024, l'organisme a versé environ 600 000 de prestations en Sarthe, effectuées par des entreprises locales.
Expérimentation en Sarthe
Installé au cœur du Mans, le GIE SESAM-Vitale entretient des liens étroits avec le territoire sarthois et son écosystème. Outre les prestations d’entreprises locales, l’organisme utilise la Sarthe et ses habitants pour éprouver ses services numériques, comme c’est le cas avec l’appli carte Vitale : "Nous l’avons expérimentée en Sarthe avant de la généraliser début mars à tous les porteurs de la carte d’identité numérique, explique Anthony Gomes de Carvalho. Elle sera utilisable partout en France en novembre. Tout a été conçu, développé et déployé par nos équipes, et une centaine de personnes travaillent dessus."
L’outil, qui vient en complément de la carte Vitale, va simplifier les démarches et alléger la charge des professionnels de santé, tout en renforçant la sécurité, notamment contre les fraudes et l’usurpation d’identité. Le GIE va maintenant en assurer la maintenance, les mises à jour et y déployer au fur et à mesure de nouveaux services.
1 500 entreprises du numérique en santé
Outre le déploiement de l’application, le GIE SESAM-Vitale mène au quotidien un important travail auprès des éditeurs du numérique en santé : on compte environ 1 500 entreprises dans ce domaine, qui proposent des logiciels, des services numériques ou des applications pour les quelque 450 000 professionnels de la santé qui effectuent une facturation, les établissements ou les usagers. "Ces entreprises veulent répondre à un besoin et nous les accompagnons de manière personnalisée selon leurs problématiques, expliquent David Ledru et Sophie Buet, respectivement directeur et responsable des relations industriels du GIE SESAM-Vitale. Nous leur expliquons aussi les règles à respecter pour qu’ils les intègrent dans leur développement, tout en restant le plus neutre possible. Puis nous suivons le déploiement auprès des professionnels de santé." Ce service, qui emploie environ 25 personnes, répond à environ 500 demandes par mois.