D’après les premières informations communiquées par le groupe, le transfert devrait être réalisé au troisième trimestre 2017, après la consultation du comité d’entreprise. « Xerox conservera les droits de propriété intellectuelle et conclura des accords de licence avec NAVER », précise le communiqué. Naver récupérera ainsi le centre de recherche (XRCE) créé en 1993 au sein d’un château à Meylan, qui travaille notamment sur des sujets tels que l’intelligence artificielle, l’ethnographie, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur, ou l’apprentissage statistique.
Ces compétences pourraient s’avérer clés pour certains marchés du groupe, comme le secteur de l’automobile avec les voitures autonomes, la robotique, ou encore les applications liées aux assistants vocaux. Il s’agit de la première implantation du groupe en France, mais de sa seconde opération capitalistique, puisque Naver a déjà investi l’an dernier, aux côtés de sa filiale japonaise Line, 100 millions d'euros, au sein de la société d’investissement Koryela lancé par Fleur Pellerin, qui a pour objectif de faire émerger des licornes à travers l’Hexagone.
Une stratégie de recentrage
Ce rachat intervient alors que Xerox (CA 2016 : 11 Mdrs$) souhaite désormais se recentrer sur les activités historiques d’impression. Depuis le rachat de l’américain Affiliated Computer Service (ACS) en 2010, le groupe a en effet entamé un virage de taille, puisque 56 % du chiffre d’affaires de l’entreprise est désormais généré par les services. En 2014, Xerox avait cédé sa branche informatique au groupe Atos pour 855 millions d'euros, tout en signant un partenariat lui permettant de rester l'un des plus importants fournisseurs du groupe.
Cette stratégie devrait être renforcée par l’arrivée en février dernier de l’ex-vice-président de Cisco, Sean Gallagher, à la tête de Xerox France, en vue de piloter le développement de l'externalisation des processus documentaires et l'élargissement du segment des petites et moyennes entreprises (PME). Xerox poursuivra néanmoins ses activités de R&D sur son site basé dans la Silicon Valley (le Palo Alto Research Center), ainsi qu’au Canada.