"C’est transitoire et temporaire. Cela ne change rien à notre stratégie et n’a pas d’incidence sur les commandes", réagit Soufyane Miloudi, PDG d’Aubrilam, quelques jours après le déclenchement du conflit qui fait rage au Moyen-Orient. Cette PME auvergnate, spécialiste de l’aménagement urbain haut de gamme dont le siège se situe à Clermont-Ferrand, mise beaucoup sur cette région du monde.
"Nous réalisons aujourd’hui 70 % de notre chiffre d’affaires à l’export. Le Moyen-Orient est notre marché numéro 1 pour l’éclairage public et le mobilier urbain. Nous avons, par exemple, livré l’an dernier 2 900 mats d’éclairage et 3 500 bornes afin d’équiper un périphérique de 87 kilomètres en Arabie saoudite", précise Soufyane Miloudi qui partage son temps entre Clermont-Ferrand, l’Allemagne et Dubaï où l’entreprise vient de créer un showroom.
Des difficultés logistiques
L’entreprise reconnaît cependant rencontrer des difficultés au niveau logistique, car les transporteurs ont limité le flux de marchandises. "Il peut en résulter un impact sur le coût du transport", indique le groupe qui, malgré le contexte anxiogène, reste confiant sur son "implantation durable dans ces territoires et la réalité des projets qui se poursuivent". Pas de changement de cap, donc pour Aubrilam qui n’a cessé ces dernières années d’innover et d’investir.
L’entreprise a déboursé près de 7 millions d’euros sur trois ans afin d’accroître ses capacités de production et sa productivité. "Juste après le Covid, la croissance de l’entreprise a été exponentielle. Nous sommes passés de 14 millions de chiffre d’affaires fin 2020 à 34 millions l’an dernier", explique Soufyane Miloudi.
Concurrence féroce
L’entreprise s’est notamment développée après sa fusion en 2021 avec Bega, groupe allemand spécialisé dans les luminaires. Ce qui lui a donné accès à de nouveaux marchés : Allemagne, Autriche et Suisse. "En France, le marché n’est pas très porteur. La commande publique est réduite, sauf sur le remplacement des luminaires en LED. Cette internationalisation est donc essentielle", note le dirigeant d’Aubrilam, qui réalise 40 % de son activité grâce aux marchés publics (aménageurs publics, collectivités…).
Côté privé, la PME auvergnate livre notamment chaque année 800 restaurants McDonald’s, son client historique, répartis dans 45 pays afin d’aménager leurs terrasses (mobilier et couverture). Pour répondre à la demande, l’entreprise a doublé ses effectifs en trois ans pour atteindre aujourd’hui 115 salariés. Elle a rénové ses bureaux de Clermont, agrandi son site de production implanté à Brioude en Haute-Loire et développé sa gamme de produits en renouvelant à 40 % son catalogue.
Cap sur les 50 millions d’euros de chiffre d’affaires
"Cela a aussi tiré notre croissance. Il faut sans cesse innover, dans le design, les matériaux, dans de nouvelles fonctions car la concurrence mondiale est féroce, notamment en provenance d’Asie. Ils sont très forts en haut de gamme", souligne le PDG d’Aubrilam.
L’entreprise entend se différencier par la durabilité de ses produits, alors que la production des éléments en bois, l’assemblage et la finition sont réalisés en Auvergne. Aubrilam vise désormais 45 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 5 à 7 ans et compte bien devenir le leader de l’aménagement urbain haut de gamme dans son secteur.