LDC.Le Sarthois affiche sa bonne santé
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LDC.Le Sarthois affiche sa bonne santé

Un chiffre d'affaires en hausse de 8,6% et un résultat opérationnel courant de 93,4M€ quand il en prévoyait 80:le groupe sabolien voit sa situation financière renforcée.

LDC est assez fort pour abandonner des marchés quand la pression de la distribution devient telle que le prix de vente est inférieur au coût de revient. Le désengagement des familles de produits à faible rentabilité pour reconstituer ses marges: voilà en effet une des mesures prises en 2011 par le groupe sabolien pour redresser son pôle traiteur. La contribution reste négative avec un résultat opérationnel courant de -5,6M€ et une contraction en volume de 5,6% mais, «entre le premier et le second semestre de l'exercice, la perte a toutefois été divisée par quatre, ce qui illustre le bénéfice des mesures industrielles et commerciales prises sur l'ensemble des activités du pôle», explique Denis Lambert, P-dg du groupe agroalimentaire.




Joyeux Noël

LDC affiche une bipolarité volaille/traiteur, ses deux pôles connaissant une année contrastée. Dans la volaille, le groupe est en effet parvenu à dégager un bon niveau d'activité malgré le contexte de volatilité des matières premières. Ces dernières se sont calmées en fin d'année mais repartent à la hausse début 2012, laissant planer de nouveau l'exigence de parvenir à faire passer les hausses de prix à la grande distribution. Le second semestre 2011 a été au coeur des bonnes performances avec les effets positifs des revalorisations tarifaires et les excellentes fêtes de fin d'année. À l'international, la réussite en Pologne (+16%) où le groupe est même parvenu à implanter des produits nouveaux comme le canard, lui donne des envies d'expansion européenne, soutenue par sa capacité d'autofinancement encore en hausse (cf. interview ci-dessous). Les malheurs financiers de Doux en Bretagne, qui a déposé le bilan le 1erjuin pourraient aussi amener l'industriel sarthois à reprendre une partie de ces actifs et ainsi consolider ses parts de marché en France. LDC se refuse à ce jour à se positionner sur ce dossier avant la recherche officielle de repreneurs. En attendant, c'est en Sarthe que la PMI vient de s'illustrer en créant une société commune avec le transporteur l'Étoile Routière à Bailleul. L'entreprise fondée louera les locaux au prorata de la surface occupée par chaque entreprise. «Nous agrandissons notre station de préparation de commandes et leur plateforme logistique est de l'autre côté du mur. Cela permet notamment à l'Étoile Routière, en étant tout contre notre zone de préparation de commande, de gagner quelque 500.000 kilomètres par an», fait remarquer André Delion, directeur financier de LDC.




La méthode LDC appliquée à Arrivé

Le groupe clôture son exercice 2011-2012 (mars à mars) avec prés de 614M€ de capitaux proprès, une trésorerie nette de plus de 54M€ et une capacité d'autofinancement de 137,8M€, en hausse de plus de 7%. Cette situation financière solide lui permet d'envisager un plan d'investissement de 100M€ sur trois ans, notamment dans sa branche traiteur, dotée depuis l'an dernier d'une direction R & D et, depuis janvier, d'une direction industrielle. L'année a donc été très satisfaisante grâce à un second semestre au-dessus des attentes. Elle se solde avec une hausse de 8,6% de son chiffre d'affaires (2,774 Mds€ contre 2,55 l'année précédente). Dans ses 67 usines, ces tonnages progressent également, avec +2,1%. Les marques Loué, Le Gaulois et Maitre Coq, héritée du groupe vendéen Arrivé, lui confèrent la place de numéro1 français de la volaille, que ce soit en label, en découpes ou sur les produits élaborés. L'intégration d'Arrivé en cours depuis 2009 illustre la méthode LDC: réduction des coûts (fermeture de la plateforme de Mornant, regroupement de l'abattage des dindes, équipe de management resserrée), optimisation des équilibres matières avec la meilleure valorisation de l'ensemble de la volaille, développement de parts de marché et progression des produits à marque (+10% sur les produits Maitre Coq en 2011). Moralité, la marge opérationnelle de près de 5% est atteinte avec un an d'avance sur les objectifs. Les velléités de certains concurrents, comme Terrena avec sa filiale Gastronome sur les labels, sont «positives car elles soutiennent le développement des segments haut de gamme» estime Denis Lambert. Car l'autre levier du groupe c'est évidemment la consommation tant en grande distribution qu'en restauration hors foyer. Les objectifs de 2012-2013 sont clairs: «Soutenir la consommation en préservant nos marges pour la volaille, franchir de nouvelles étapes à l'international en Europe (15% du CA) et trouver l'équilibre du pôle traiteur», conclut Denis Lambert.

LDC



(Sablé-sur-Sarthe) CA: 2,8 Mds€ (2,09 Mds en volaille, 494M€ en traiteur, 181M€ à l'international) 15.800 collaborateurs

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