La créatrice.
À 46 ans, Latifa Dahri est scientifique et cavalière. Ce docteur en biomatériaux a oeuvré dans des laboratoires pharmaceutiques du nord de la France avant de créer sa première entreprise. En 1998, elle lance Biodex qui développe des biopolymères pour la réparation tissulaire. Elle porte le projet jusqu'à la preuve du concept et cède l'entreprise à un Lyonnais, le laboratoire Daniel Hartmann. «Après avoir accompagné la reprise, j'ai quitté Biodex en janvier2008», déclare Latifa Dahri qui avait suivi Biodex à Lyon.
L'idée
Passionnée d'équitation, Latifa Dahri s'intéresse aux pathologies du cheval comme la réparation tissulaire, les problèmes d'articulation... «Je souhaitais combiner mon expérience de scientifique, de chef d'entreprise et ma passion pour l'équitation.» Ayawane (qui signifie animal en arabe) voit le jour en mars2010, sur la pépinière scientifique Laennec à Lyon, après être passée chez l'incubateur Créalys.
Le modèle économique
«Le développement de biomatériaux exige de lourds investissements, analyse la scientifique. Mon business model repose sur deux axes: une gamme de produits composée pour l'heure de deux soins et la R & D sur les biomatériaux pour proposer les premières innovations d'ici à 2014.» Ayawane commercialise ses produits sous la marque Ekine et escompte un chiffre d'affaires de 100 à 120.000€ en 2010, pour atteindre 1M€ d'ici à 2013. «Les revenus de l'entreprise proviennent du cash de la vente des soins et de la cession de licences sur certains produits dès 2012. Mon objectif est de financer ma recherche et mes innovations pour garder le contrôle d'Ayawane et éviter d'avoir recours à des levées de fonds.»
Les produits
Pour le développement d'Ekine, Ayawane a bénéficié d'une subvention de 20.000€ des laboratoires Merial. Son soin réparateur, qui fait l'objet d'un brevet, est bon pour le cheval, mais aussi pour le cavalier. «Nous produisons la première gamme de soins équins sans paraben, à base d'huile d'argan, détaille Latif Dahri. L'utilisation de nos produits est sécurisée pour les animaux tout autant que pour les cavaliers.» Quatre autres produits sont en développement pour porter la gamme à dix références en 2011. La fabrication a lieu en Rhône-Alpes.
Le marché
Positionnés sur un marché de niche, le soin réparateur et l'onguent traitant Ekine visent le segment des propriétaires de chevaux. Deux à trois millions d'animaux sont recensés en France. Pour toucher sa cible, Latifa Dahri trotte de selleries en distributeurs. Elle vise aussi l'international pour des commandes en 2011.
Les développements
Ses produits lui permettant de financer son développement, avec des emprunts bancaires et des avances remboursables pour ses travaux de recherche, Latifa Dahri mène en parallèle une R & D sur les biomatériaux pour la cicatrisation et l'ostéo-articulaire. «Un brevet sera déposé cette fin d'année, avance la dirigeante. Ces technologies s'adressent en priorité aux chevaux mais elles peuvent être transposables à l'homme, sous forme de cession de licences.» Du côté de la gamme de soins, elle pourra être déclinée pour les chiens et les chats. À la fin de l'année, l'équipe Ayawane sera composée de quatre scientifiques. Elle devrait s'étoffer d'un service commercial et de doctorants pour atteindre une dizaine de collaborateurs d'ici à 2015.
- Tél.: 04.78.09.34.06 - www.ayawane.com
Ayawane, sous nom commercial Ekine, commercialise ses premiers produits de soins équins afin d'assurer le financement de sa recherche sur les biomatériaux dans le secteur vétérinaire.