Transformer le smartphone d’un technicien en scanner 3D précis, c’est la promesse de la start-up bandolaise Reso 3D. Une promesse avec laquelle Benoît Lambert, géomètre de formation, a déjà séduit Enedis ou quelques entreprises du BTP, comme Eiffage ou l’expert des réseaux d’eau Sade. De Marseille à Nanterre, de Nice à Avignon, l’outil a permis de modéliser et géolocaliser des réseaux d’eau à Lyon, de chaleur à Salon-de-Provence et des réseaux de télécommunication ou d’électricité, avec une précision centimétrique, simplement à partir de photos prises sur place par les techniciens au moment de leur enfouissement.
"Le principal avantage de l’application mobile est qu’il n’est plus nécessaire de faire appel à des professionnels de la cartographie. Elle est par ailleurs 10 fois plus rapide et 3 à 5 fois moins coûteuse", explique Benoît Lambert. La prise de photos d’un même ouvrage, combinée à des algorithmes développés en interne, permet ainsi de reconstituer automatiquement un modèle 3D.
Une référence de la cartographie
Si la solution Reso 3D a vu le jour, en 2017, au sein de GeoReso — la précédente entreprise de Benoît Lambert qui a compté jusqu’à 20 personnes — elle est récemment devenue une structure à part entière, après la liquidation de GeoReso en 2025. Une liquidation qui n’a pas remis en cause la technologie, déjà éprouvée sur le terrain.
Et, l’entrepreneur, qui ne souhaite pas communiquer son chiffre d’affaires, a de l’ambition : "L’application, moyennant un abonnement, compte environ 300 utilisateurs actifs, issus majoritairement d’entreprises du BTP et d’exploitants de réseaux. D’ici 5 ans, l’objectif est d’en compter bien davantage, de devenir une référence sur le marché de la cartographie des réseaux souterrains neufs." Il mise pour cela sur une évolution de la réglementation, dite "anti-endommagement". Une réglementation qui impose désormais aux exploitants de réseaux de disposer de données de localisation fiables, y compris en profondeur, afin de limiter les risques lors des travaux.
Une levée de fonds dans les tuyaux
L’autre levier de développement : une levée de fonds de 2 millions d’euros. Participant du dernier événement Invest in Toulon, un incontournable quand on est un startuper à la recherche de fonds, il avoue y avoir pris part pour "tâter le terrain." L’objectif est notamment de financer la R & D et de structurer la force commerciale. "D’ici quelques mois déjà, une nouvelle version sera disponible et permettra de fusionner différentes sources d’information, mais l’idée est de pouvoir ensuite ajouter de l’intelligence artificielle, voire de la réalité augmentée", explique l’entrepreneur. Il a aussi dans ses cartons le projet de créer une plateforme de formation en ligne, ouverte aux utilisateurs. Enfin, il veut ajouter une brique marketing et communication pour déployer la technologie au niveau national et ainsi répondre aux enjeux de sécurité et de traçabilité auxquels sont désormais confrontés les chantiers.