L'A51 Grenoble-Sisteron plébiscitée

L'A51 Grenoble-Sisteron plébiscitée

Infrastructures. Élus et représentants du monde économique ont décidé de se faire entendre au plus haut niveau de l'État pour l'achèvement des 90km de l'A51.

Véritable serpent de mer, le dernier tronçon non construit de l'autoroute A51 desservant Gap et faisant la jonction avec Marseille, renaît de ses cendres. Censée alléger la vallée du Rhône, la problématique reste entière. Après vingt ans de valses hésitations et une succession de décisions ministérielles souvent contradictoires, le barreau manquant pose toujours problème. Sous l'égide du comité stratégique pour l'A51, le 18juillet dernier de nombreuses personnalités économiques et politiques des régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur se sont réunies à la CCI de Grenoble. Objectif? Interpeller le président de la République avec une campagne médiatique bien orchestrée Pour le président de la CCI de Grenoble Jean Vaylet, «une autoroute a un rôle structurant entraînant la dynamique d'un territoire et créant un bassin d'emplois. Son non-achèvement est un non-sens, un gâchis». Jean-Paul Mauduy, président de la CCIR Rhône-Alpes, renchérit sur le ton de la plaidoirie: «Si nous réunissons les deux régions, nous devenons la première région européenne avec une route de la science ponctuée par le Cern, le CEA, l'Iter. Ne laissons pas le monde économique dans l'embarras!»




Quatre-vingt-dix kilomètres en suspens

En fait, le Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) publié en juillet2010 prévoit l'abandon pur et simple du tronçon de 90km reliant le Col du Fau à la Saulce. Le maire de la Mure, Fabrice Marchiol, brandit, dépité, une lettre datant du 11juin 2011 du ministère des Transports confirmant cette décision. Pierre Bernard-Reymond, sénateur des Hautes-Alpes, ancien maire de Gap et défenseur acharné de l'A51, confirme qu'il ne s'agit pas d'un problème financier, ni d'un problème technique. «Les dernières estimations financières étaient de 2,2Md€ à 2,5 Md€. Nous devons relancer un appel d'offres européen. Quatre grandes entreprises nous ont affirmé qu'elles étaient intéressées par ce projet finançable sans apport public à condition d'envisager une durée de concession suffisante. Il s'agit d'une incohérence de l'État et d'une hostilité administrative. Le dossier est imparable. Il n'y a pas d'autres alternatives, ni ferroviaires ni fluviales.» Roger Pella-Finet, ex-président de la CCI de Grenoble, abonde dans ce sens: «Il manque le courage politique et on a peur des Verts. La seule solution est de convaincre le Président de la République!» Et déjà une lettre ouverte au Président de la République est parue dans la presse locale des Hautes-Alpes. Selon la CGPME de l'Isère, «la mobilisation générale est lancée». Une quarantaine d'élus se sont déplacés des Hautes-Alpes et beaucoup d'autres édiles et chefs d'entreprises les ont rejoints. Philippe de Longevialle, adjoint au maire de Grenoble, annonce l'assurance du soutien de Michel Destot à cette cause.