La Trocante/Eurocash : La révolution web
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La Trocante/Eurocash : La révolution web

En lançant son Trocorama web store, en test depuis le mois dernier à Rennes, le groupe La Trocante/Eurocash compte à terme basculer 40% de son activité sur le net.

C'est un groupe rennais qui ne fait pas beaucoup de bruit mais qui se prépare pourtant à une petite révolution. La Trocante/Eurocash, le spécialiste du dépôt/vente d'objets d'occasion, concentre actuellement ses efforts sur internet. D'abord autour du développement de son site web marchand - Trocorama - commun à ses trois enseignes et qui sera mis en ligne en avril ou mai. Mais aussi, et surtout, autour d'un outil comparatif des plates-formes de vente d'objets d'occasion sur le net. Grâce à un logiciel développé en interne, les équipes de La Trocante étudient en effet actuellement l'efficacité de sites de vente en ligne tels que eBay. Objectif: comparer les transactions effectuées par les particuliers via ces différents portails. Sur les volumes et la rapidité des ventes.




Connaissance du marché

«On a sélectionné deux plates-formes: eBay et PriceMinister, précise Pierre Marzin, directeur général du groupe La Trocante. On avait aussi ciblé 2xmoinscher.com mais on l'a sorti de nos tests. On est également en transaction avec Windil (Comareg-ParuVendu, ndlr) et il n'est pas impossible que l'on travaille sur leboncoin.fr». Grâce à ce logiciel, le groupe rennais affine ainsi sa connaissance du marché. Il sait désormais quel type d'objet d'occasion se vend le mieux sur le net et à quel prix. Une vraie richesse pour conseiller ses clients, dans les points de vente. Car parallèlement à ce projet, La Trocante va progressivement doter ses magasins d'espaces de vente dédiés à internet: les "Trocorama web stores". Un endroit spécialement réservé à la vente d'objets d'occasion sur la toile. Grâce à ce lieu, tenu par un vendeur formé pour l'occasion, le particulier se donnera ainsi toutes les chances pour trouver un acquéreur à son objet (lire ci-contre).




Rennes, Nantes et Tours

Pour en arriver à ce projet, les dirigeants bretons se sont appuyés sur une réalité: certains produits se vendent bien mieux sur le web. «Et la particularité d'internet c'est que l'on vend beaucoup plus vite qu'en magasin», confirme le dg. C'est par exemple le cas des articles de puériculture. «Ils réalisent de très bonnes ventes sur internet mais de très mauvaises dans le point de vente». Et le patron de résumer comment, désormais, les particuliers peuvent se faire aider dans la vente de leur bien. «La personne vient avec le produit dans le magasin où l'on va chez elle. On le prend en photo, on l'expose sur l'une ou l'autre des plates-formes de vente, on réalise la transaction, on expédie l'objet à l'acheteur et on paie la personne qui nous a fait confiance». Depuis le mois dernier, trois Trocorama web stores ont été installés dans les magasins de Rennes (boulevard Solferino), Saint-Sébastien près de Nantes, et Tours. Et les tests sont plutôt concluants. «On vend le produit en moins d'une semaine», confie le directeur général. De quoi monter une dizaine de magasins pilotes d'ici à l'été et d'étendre le concept à tout le réseau La Trocante et Eurocash à partir de la rentrée.




Nouvel actionnaire

«Au départ, le web représentera 20 à 30% de notre activité, mais à terme, je pense qu'on montera jusqu'à 40%», avance Pierre Marzin. Un homme de 42 ans qui travaille dans le groupe depuis 17 ans et qui devrait s'impliquer encore plus. Car outre le fait qu'il est parallèlement franchisé La Trocante à Saint-Lô et Saint-Sébastien, il devrait devenir actionnaire minoritaire du groupe au cours du premier semestre. Aujourd'hui 90% du capital sont entre les mains du président Pascal Lescouzères. Pour développer ce projet, le groupe a recruté Gildas Morisseau, un cadre ayant eu une expérience des Drop off stores (concept américain d'aide à la vente). Quant à son futur site marchand, La Trocante veut garder les pieds sur terre. «On a une stratégie de commando, pas d'armée américaine, compare Pierre Marzin. On n'aura jamais le flux d'eBay, de PriceMinister ou de Windil. Notre volonté: nous démarquer par notre savoir-faire». Aujourd'hui, tout semble donc sourire au groupe rennais. Et la crise, contrairement à bien des secteurs, dope même l'activité de dépôt/vente. «Les consommateurs sont en demande de cash. C'est un revenu complémentaire», indique Pierre Marzin. Y compris pour les entreprises. Car La Trocante, au même titre qu'un soldeur, peut récupérer les surstocks. Et en ce moment, ils sont plutôt nombreux...

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