Christian Surget
,
président de la Fédération régionale destravaux publics Aquitaine
Les grands travaux ne manquent pas à Bordeaux. Pourquoi lesentreprises de travaux publicssouffrent-elles?
Les entreprises qui font du terrassement et de la route ont du volume, c'est certain. Mais la politique de grands travaux cache la misère. Les grands maîtres d'ouvrage profitent de ces grands chantiers pour cacher tout ce qu'ils ne font pas au niveau local. Par ailleurs, les appels d'offres des grands travaux sont captés par les grands groupes.
Comment inciter les collectivités à investir alors qu'elles rencontrent des problèmes de financement? Les représentants des collectivités doivent sans doute mener une réflexion sur un mode de financement à plusieurs. De plus, ils doivent plus raisonner en terme de "nous" que de "je". Il faut investir utile. Arrêtons de dépenser pour faire beau dans le paysage! Certes, nous avons de magnifiques ronds-points et de jolies salles polyvalentes, mais il ne faut pas oublier pour autant ce qui ne se voit pas. Les investissements à réaliser sur les canalisations d'eau en Gironde, par exemple, sont colossaux. Par ailleurs, les maîtres d'ouvrage doivent accepter de payer le juste prix. Nous subissons la concurrence espagnole et une politique de prix toujours plus tirée vers le bas. Et on nous parle de développement durable! Pour les PME rurales et les métiers de l'hygiène publique, la situation est particulièrement préoccupante. Ce manque de visibilité est inquiétant pour la situation de l'emploi.
Comment associer les PME aux grands groupes?
Les PME doivent être intégrées dans les PPP dès l'appel d'offres, avec 20% des travaux pour les entreprises régionales. La Fédération des travaux publics a décidé d'écrire une charte de comportement qui liera les grands groupes aux PME. Attention toutefois à ne pas tout ramener aux très grands chantiers. Les PPP représentent moins de 10% des volumes investis. Il s'agit d'opérations en plus.
- TROIS QUESTIONS