La plateforme financière Enerfip acquiert son homologue bordelaise Lumo
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La plateforme financière Enerfip acquiert son homologue bordelaise Lumo

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Le montpelliérain Enerfip consolide sa place de leader de la finance durable en rachetant son concurrent Lumo à la Société Générale. Par ailleurs, il s’apprête à clore le financement de son véhicule Enerfip Gestion, à hauteur de 15 millions d’euros.

Julien Hostache est l'un des quatre cofondateurs d'Enerfip, en 2014 — Photo : Enerfip

Dix ans, c’est l’âge de la maturité pour la société montpelliéraine Enerfip (55 salariés, 5 sites en Europe) : après s’être imposée comme première plateforme française et européenne en termes d'investissements structurés pour la transition énergétique, elle se positionne en consolidateur de son marché en signant sa première opération de croissance externe.

Elle acquiert en effet auprès du Groupe Société Générale son homologue Lumo (11 salariés). Fondée en 2012 à Bordeaux, celle-ci fut la première plateforme française agréée dans ce secteur. Avec près d’un milliard d’euros investis à ce jour à elles deux, Enerfip représente désormais 50 % du marché français de la finance durable.

Un portefeuille d’investisseurs qualifiés

Un seul salarié de Lumo rejoignant, dans les faits, l’équipe du montpelliérain, le principal motif de cette opération porte sur l’acquisition du portefeuille clients géré par la plateforme bordelaise. Ce dernier compte 12 000 investisseurs qualifiés, qui s’ajouteront au portfolio des 28 000 investisseurs revendiqués par Enerfip "pour être en capacité de financer de plus en plus de projets", selon son président Julien Hostache. Lequel précise : "La communauté des investisseurs chez Lumo sera intégrée à la nôtre. Ils pourront bénéficier des offres proposées par Enerfip, afin que la continuité de service entre nos deux plateformes soit totale".

Le décollage d’Enerfip Gestion

La fin d’année 2025 est marquée par une autre actualité significative pour Enerfip : après le lancement de sa société de gestion, Enerfip Gestion, en 2023, la plateforme montpelliéraine va sous peu boucler le premier fonds logé dans ce véhicule financier. D’un montant de 15 millions d’euros, il a été majoritairement souscrit par des banques régionales.

Spécialisée en infrastructure et capital-investissement, Enerfip Gestion s’adresse aux investisseurs institutionnels et investisseurs privés. Entre 3 et 4 cibles ont été identifiées pour 2026, en vue de prises de participation minoritaires. "Enerfip Gestion complète le panel des financements que nous proposons aux porteurs de projets. Le crowdfunding vise les projets de court terme, mais nous devons aussi proposer des solutions de financement aux investisseurs qui ont besoin de s’engager sur le long terme, entre cinq et dix ans", résume Julien Hostache.

L’Europe, moteur de croissance

Au mois d’octobre 2025, Enerfip a pulvérisé son record de collecte mensuelle, en réunissant 23 millions d’euros. La plateforme devrait clore son exercice 2025 autour de 175 millions d’euros, au terme d’une année pourtant jugée peu lisible, entre la crise politique en cours et l’absence de loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (attendue en septembre et toujours pas votée). "Les signaux négatifs s’accumulent. Avec les échéances électorales à venir, on voit reparaître les opposants aux énergies renouvelables. L’année 2026 s’annonce complexe, même si Enerfip dispose de relais de croissance, car elle s’est diversifiée à l’international", estime le dirigeant.

Sur ce dernier point, l’entreprise dispose de bureaux en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas, qui lui ont permis de réunir 35 millions d’euros sur la campagne annuelle. À l’horizon 2030, Enerfip table sur une dizaine d’implantations en Europe, pour un montant global de 400 à 500 millions d’euros collectés par an. La Scandinavie et l’Europe de l’Est, notamment, sont dans son viseur.

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