La Demeure d'antan : Le bâtiment au féminin
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La Demeure d'antan : Le bâtiment au féminin

Vér

onique Baratelli a monté son entreprise artisanale il y a cinq ans pour un chantier bien précis: restaurer la ferme fortifiée qu'elle venait d'acheter à Ville-au-Val. Elle a finalement choisi de pérenniser son activité. «Au départ, je n'ai pas monté mon entreprise artisanale pour en tirer des revenus, mais pour réaliser de lourds travaux de restauration à moindre coût», remarque Véronique Baratelli, gérante de LaDemeure d'antan spécialisée en restauration du patrimoine. En effet, cette femme entrepreneur dans un univers très masculin souhaitait aménager en lieu d'accueil (gîte rural, chambres d'hôtes, salle de réception) une ferme fortifiée classée Monument historique: la ferme de Villers le Prud'homme à Ville-au-Val, à proximité de Dieulouard. «Pour les ouvertures, une entreprise nous avait envoyé un devis avoisinant les 6.000€ par fenêtre! Embaucher un ouvrier m'est revenu six fois moins cher», souligne-t-elle.




Essuyer les plâtres

Pour parvenir à ses fins, Véronique Baratelli a recruté maçon, menuisier, peintre et s'est muée en chef de chantier. S'interrogeant sur la possibilité de pérenniser son activité et de mener d'autres opérations de restauration, elle a réalisé un bilan de compétences en juillet à la chambre de métiers et de l'artisanat 54. Secrétaire médicale de formation après des études d'histoire, cette passionnée de vieilles pierres s'est lancée dans l'aventure. Son entreprise compte six salariés (maçon-carreleur, électricien, peintre, menuisier) et elle a déjà réalisé des chantiers pour des particuliers notamment à Pont-à-Mousson dans un bâtiment dont la façade est classée. «En tant que femme, j'ai essuyé pas mal de plâtres. On fait moins facilement confiance à une femme. Du coup, quand je me rends chez des particuliers pour faire des devis, mon chef d'équipe m'accompagne systématiquement. Dans l'ensemble, j'estime travailler de manière moins dirigiste. Pourtant, j'arrive à obtenir de mes ouvriers la même chose que des patrons plus durs», remarque la chef d'entreprise.

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