Du bon, du bio, du beau. Voilà résumé le concept d'Alexandra Butruille. BBB, c'est d'ailleurs le nom de sa SARL créée en mars2010.
Le profil Historienne de formation, diplômée de Sciences Po Cambridge, Alexandra Butruille a baigné douze ans dans l'univers de la com' en Angleterre et en France. Directrice de clientèle chez BBDO Corporate à Paris, elle est revenue dans le Nord il y a neuf ans «pour entreprendre». Pour Publicis Hourra! elle a monté le département des relations presse, RPPH, qu'elle a quitté en 2007 afin de se consacrer à Good Goût. Comme elle ne se voyait pas créer seule, elle s'est associée à Mikael Aubertin, 30ans. Diplômé de l'Edhec et papa de deux enfants, il était consultant chez McKinsey à Paris, après divers postes de commercial, puis au marketing d'Unilever.
Le concept «Good Goût est né d'une révolte de maman qui ne trouvait pas son bonheur en matière d'éducation gustative», sourit la créatrice. Comme beaucoup, elle a recours à des petits pots dont la qualité laisse souvent à désirer. Son idée: une gamme de produits bons, 100% bio, dans un packaging révolutionnaire, le sachet soupe, «en rupture avec les codes de communication et au bilan carbone plus intéressant que le verre».
La recette Pour Good Goût, Alexandra Butruille est allée «chercher des compétences». Elle a fait d'abord appel à un chef, Michel Reutenauer, à Villeneuve-d'Ascq. L'Institut Pasteur a apporté son aide nutritionnelle et Adrianor la mise au point industrielle, assurée en Bretagne. «On croit que c'est difficile de faire du bon, mais c'est possible», prouve-t-elle. Sa formulation repose sur au moins 60% d'un légume noble, là où ses concurrents noient leurs plats avec de la pomme de terre et de l'eau. Sélectionné parmi les tendances et innovations au Sial 2010, Good Goût a obtenu 200K€ d'aides pour le double investi.
Le marché L'alimentation infantile pèse 500M€ en France rien que pour les plats. Good Goût ne prétend pas engager un bras de fer contre les géants comme Blédina ou Nestlé, mais «il y a de la place pour un produit de niche haut de gamme», observe la créatrice.
Le développement
Depuis août, Good Goût commercialise huit références. En 2011, la gamme va s'élargir de sept références et s'attaquera au sucré. Le but: infiltrer la distribution spécialisée bio. Référencée dans 120Biocoop depuis 2010, elle sera dans la totalité (300) ce mois-ci. Good Goût est aussi chez Telemarket, Chronodrive et sur le web. Le duo vise 1M€ de CA à deux ans avec un produit exportable.
Géry Bertrande