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ean-Pierre Rivery, vous êtes " le patron " des patrons dans le Morbihan, les chiffres montrent que le revenu par foyer imposable à Vannes atteint 35.654 € contre 35.158 € à Rennes et 29.914 € à Lorient contre 30.436 € à Brest, qu'est ce que cela vous inspire ? Je constate qu'il y a un bon équilibre entre les villes de Vannes et de Lorient. Lorient et Vannes ne sont pas des métropoles mais elles recèlent d'atouts qui font qu'elles sont attractives. Aujourd'hui, il faut être encore plus vigilants sur l'utilisation des deniers publics. Comme dans les entreprises, les territoires devront être agiles et plus innovants.
La cotisation foncière des entreprises est plutôt faible dans le Morbihan : 24,8 % à Lorient et 24,01 % à Vannes quand elle atteint 29,17 % à Brest, 28,28 % à Rennes et 30,53 % à Nantes, quel regard portez-vous sur ces disparités ?
Même si effectivement les tailles de villes diffèrent, je pense que le taux de CFE est modéré dans le Morbihan et c'est tant mieux. Les taxes sont toujours trop importantes pour les chefs d'entreprise ! Plus sérieusement, le problème c'est le nombre de taxes et leur lisibilité et la façon dont cet argent est utilisé.
Localement, pesez-vous sur ces décisions ? En tant qu'élus Medef, notre rôle est d'être vigilant par rapport à cela. Ainsi par exemple sur Lorient, au sein d'Audelor, l'agence d'urbanisme et de développement économique, nous siégeons au sein du comité technique consultatif. Nous y sommes à titre consultatif mais ce qui est fait là devrait être généralisé sur les territoires. Il est important que les entreprises qui créent de l'emploi puissent être plus impliquées auprès des politiques même si chacun doit rester sur le métier qui est le sien. Nous devons travailler dans la confiance et vers plus de lisibilité et de simplification.
Ce n'est pas le cas ? Les élus de terrain comprennent bien nos problématiques et débloquent bon nombre de situations. Par contre, sur d'autres préoccupations, lorsque les informations remontent vers les hautes sphères politiques, il y a parfois des filtres et un positionnement des groupes parlementaires qui sont bien éloignés des remontées du terrain. Mais aujourd'hui, nos préoccupations sont assez simples notamment sur la fiscalité : nous souhaitons avoir de la visibilité. Nos élus doivent comprendre que sur ce point-là nous avons besoin d'avoir un cap clair. C'est ainsi que fonctionne une entreprise.
Que vous inspirent le nouveau découpage des régions et le maintien des départements ? Je trouve positif ce redécoupage et je ne partage pas l'avis de ceux qui disent que la Bretagne est désormais une région au poids faible par rapport à d'autres. Là, où il va falloir que nous soyons très attentifs c'est une nouvelle fois sur la pression fiscale qui s'exercera. Par contre, la vraie bêtise ce sont les départements, il fallait les réformer car cela a des conséquences inévitables sur la fiscalité.
Comment voyez-vous ces refontes ? Il y a des cohérences de territoires. Les métropoles montent en puissance et créent de l'attractivité. À côté, il y a des territoires qui jouent avec d'autres atouts. Ici, je vois un vrai axe Bretagne Sud entre Vannes, Lorient et Quimper, idem au pour le Nord Bretagne. Et au milieu, les complémentarités et similitudes sont fortes entre Pontivy et Loudéac. Sur ces territoires, il est possible de mutualiser plus de choses. Il y a beaucoup d'aides pour les entreprises mais elles sont diffuses donc on va vers du saupoudrage alors que l'on pourrait optimiser. Si je prends l'exemple du Medef, je tiens à ce qu'il y ait des vice-présidents par zones : Vannes, Lorient, Pontivy et Ploërmel. Ce maillage terrain est important. Dans le même temps, ce qui concerne le juridique est structuré par le Medef région. Optimisons les services, les compétences. Nous y gagnerons.
Propos recueillis par Ségolène Mahias
Jean-Pierre Rivery est le président de l'Union des entreprises Medef du Morbihan. Il livre son regard sur les données fiscales observées dans le département. Il évoque également les leviers possibles pour dynamiser l'économie morbihannaise.