C
édric Williamson, la route n'a pas été simple pour que Kiwatch réussisse à lever 300.000 euros. Comment cela s'est-il passé ?
Ça a un peu été le parcours du combattant ! Sur les questions financières, il vaut mieux prévoir un coup d'avance. Car tout est toujours plus long que prévu. Pour lever 300.000 euros, j'ai finalement mis un an et demi. Et cela n'a pas toujours été simple. Avec les investisseurs parisiens par exemple. Je me rends compte qu'à Nantes, on est un peu discriminé. D'abord parce que les investisseurs aiment bien que vous ne soyez physiquement pas trop loin d'eux. Aussi, parce qu'à Paris, quand vous demandez moins de 800.000 euros, on ne vous prend pas vraiment au sérieux. Au total, j'ai contacté quinze fonds d'investissement et je me suis mis d'accord avec les Nantais de Fairwest. Avec eux, on a mis peu de temps - deux mois et demi - pour concrétiser. La valorisation a été acceptée tout de suite. Kiwatch a été valorisée à 1,2 million d'euros. C'est surtout le potentiel qui a été déterminant. Nous n'avons démarré les ventes qu'au printemps 2012 et nous ne sommes pas encore rentables. On a bouclé le tour de table à la fin de l'année. Mais jusqu'au dernier moment, tout le monde craignait un changement de fiscalité. Les atermoiements du gouvernement sont vraiment dommageables. Ce n'est peut-être pas un hasard si les levées de fonds ont chuté en 2013.
Comment se sont déroulées vos relations avec les investisseurs ?
J'ai été assez surpris par le paysage du capital-risque français. Parfois, je me suis demandé si mes interlocuteurs comprenaient quelque chose à l'économie ! Certains m'ont posé des questions vraiment navrantes. Par exemple, peu d'entre eux ont mis le doigt sur les points sensibles de Kiwatch. Comme l'importance du budget communication. Certains ne vous disent aussi jamais les choses. Il y a beaucoup de fausses barbes. Maintenant, il y a aussi des têtes bien faites et des gens qui ont un vrai courage, qui s'intéressent à votre projet, vous challengent et qui vous permettent de vous remettre en cause. C'est vraiment super d'avoir des gens comme cela. Et je sais de quoi je parle, j'ai déjà des chefs d'entreprise au capital (NDLR : dont Jocelyn Denis, P-dg de Digitaleo). Google n'a pas réussi en claquant des doigts. Des investisseurs leur ont fait confiance avant que la société soit rentable.
Que vont permettre les 300.000 euros collectés ?
Après un an et demi de R & D et un an et demi après le lancement de notre produit, je peux affirmer que nous avons aujourd'hui fait la preuve de notre concept. Les images de la caméra peuvent être visionnées en direct via un smartphone ou un ordinateur par une clientèle de particuliers et d'entreprises. Aujourd'hui, je peux aussi affirmer que notre modèle économique fonctionne. L'important désormais, c'est de développer les ventes. On va pour cela beaucoup investir dans la communication et le commercial. On a par exemple cinq recrutements prévus cette année, dont un directeur commercial. On compte également établir des contrats de partenariats avec des électriciens, des vendeurs d'alarmes et des spécialistes de la sécurité pour nous développer. Jusqu'à présent l'essentiel de nos ventes était réalisé par notre site internet. On a déjà signé un partenariat avec Bouygues Telecom. Depuis l'automne dernier, le groupe distribue sur son site internet notre offre de vidéo-surveillance pour les professionnels.
Quels sont vos objectifs en termes de chiffre d'affaires et de résultat ?
Je ne communique pas sur le chiffre d'affaires 2013. Par contre, je peux vous dire que je table sur 1,2 million d'euros en 2014 et 3,2 millions en 2015. Et je vise la rentabilité cette année. Je prépare également une deuxième levée de fonds, d'un million d'euros. Celle-ci doit nous permettre d'apporter de nouvelles fonctionnalités à notre caméra et de poursuivre notre développement commercial.
Kiwatch
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