Jean Martin : L'engagement provençal

Jean Martin : L'engagement provençal

Nouvelle usine de 4.800m² à Tarascon, doublement de la capacité de production, la société Jean Martin réaffirme son engagement provençal au travers de son ancrage dans le territoire du Pays d'Arles.

C'est dans la Zac du Roubian, à Tarascon, que se dresse aujourd'hui le bâtiment couleur rouille du nouveau site de production de la société Jean Martin. Opérationnelle depuis l'été 2009, l'usine (4.800m² sur 28.000m² de terrain), qui a été inaugurée courant mai, va permettre à la PME, dont les bureaux demeurent à Maussane-les-Alpilles, de franchir une nouvelle étape. «Notre capacité de production est passée de 2,5 à 5,5millions de bocaux par an. Toutefois, notre ambition demeure avant tout de développer la marque Jean Martin que nous avons créée dans les années 1980», confie Bernard Martin, qui, avec son frère Jean-Louis, dirige l'entreprise familiale créée en 1920 par son grand-père, le fameux Jean Martin.




Inventeurs du taboulé en conserve

Née à Maussane-les-Alpilles, l'entreprise a toujours été attachée au territoire dont elle fait partie. «Mon grand-père a commencé par lancer une activité de confisage d'olives sous la marque ?La Maussanaise ?», rappelle le dirigeant. Des olives bien évidemment issues de la vallée des Baux et que Jean Martin parfumait alors au fenouil sauvage. L'entreprise s'est développée sur ce marché jusqu'au terrible hiver 1956 au cours duquel les oliviers ont disparu, saisis par le gel. «Nous avons du alors trouver de nouvelles sources d'approvisionnement et nous sommes devenus importateurs d'olives, en attendant que la production locale reprenne, dix ans plus tard», poursuit Bernard Martin. Lorsque la troisième génération entre en scène, l'entreprise est une toute petite structure (de 5 ou 6 salariés) dont la vocation première est de faire vivre la famille Martin. «Nous sommes nés dans le quartier, nous avons grandi dans la confiserie. Il nous a fallu être créatifs pour amener l'entreprise à changer d'échelle. Nous avons alors choisi de nous orienter vers la conserve et nous avons commencé de façon artisanale...»




80% du CA en GMS

C'est ainsi que les deux frères Martin lancent le tout premier taboulé en conserve qu'ils commercialisent au travers de leur réseau de vente traditionnel (bouchers, charcutiers, traiteurs...) et qu'ils parviennent à implanter dans certaines moyennes surfaces comme Sodim. Dans les années 1980, les Martin créent de nouvelles recettes et inventent la marque Jean Martin. «L'entreprise a démarré en 1920 mais la valeur ajoutée est relativement récente. Nous avons su créer notre identité au travers de produits de niche qui n'existaient pas: riste d'aubergine, tapenade...» Jusqu'en 1996, où les Martin construisent leur première unité de production dans le sud de Maussane. «Nous avons grandi dans la GMS qui représente aujourd'hui 80% de notre chiffre d'affaires. Nous sommes très bien référencés dans le Sud (50% du CA), puis sur l'axe Paris-Lyon-Lille». L'export ne représente plus que 3 à 4% du CA de l'entreprise. «Nous avons été jusqu'à 8%, mais la parité euro/dollar nous a été défavorable et nous avons perdu beaucoup de marchés sur les États-Unis. Nos meilleurs débouchés sont dans l'Union européenne: Suisse, Belgique, Allemagne». Pour Bernard Martin, les PME ont du mal à pérenniser leurs démarches à l'international. «Trop souvent, les entreprises s'en tiennent au one shot. Il faut se fédérer et cibler les marchés où les produits provençaux peuvent avoir un attrait». Il travaille ainsi actuellement à la création d'un Prides sur l'art de vivre en Provence. «Il faut recréer des aventures locales. La tradition se régénère et nous voulons définir des objets de théâtralisation de la Provence, ce qui nous permettrait d'aborder des régions dans le monde sensibles à la Provence...»