Outil financier d'Anjou Initiative, association pilotée par le comité d'expansion économique du Maine-et-Loire, Anjou Initiative Développement (AID) a été lancé en début d'année. Créées ou reprises, ce sont les entreprises de 3 à 8 ans d'ancienneté en forte croissance qui sont ciblées. Qowisio et La Maison Bécam-Jardin des Saveurs sont les deux premiers lauréats. Une avance remboursable de 40.000euros à 0% leur a été octroyée. Aucun argent public n'est injecté dans ce fonds qui est abondé par la CDC, cinq banques régionales et 18 patrons de PME-PMI du département. Deux d'entre eux racontent leur démarche.
Jean-Pierre Bodet: «Favoriser la croissance endogène»
«Je suis régulièrement sollicité pour des financements. Philippe Musset (NDLR: délégué général du comité d'expansion économique du Maine-et-Loire) est venu me rencontrer il y a un an. J'ai tout de suite accepté sa proposition de constituer ce fonds à destination des entreprises en primo développement. Tout d'abord, le montant demandé de 5.000euros par an pendant trois ans est tout à fait raisonnable. Ensuite, j'ai été convaincu par le fait de favoriser le développement endogène de jeunes entreprises qui ont besoin de se structurer après la troisième année. Je crois beaucoup au réseau interentreprises comme on peut le vivre dans le Choletais. Je suis le parrain de Qowisio. Je ne les connaissais pas avant le comité d'engagement de juin mais je connais leur technologie. Mon engagement? Je suis à leur disposition. C'est à eux de décider s'ils veulent de mes conseils. Je ne vais pas leur apprendre leur travail mais s'il y a des besoins, je peux amener mon expérience, notamment à l'international. Pour l'instant, sur cet aspect, ils sont plutôt franc-tireur. C'est normal. Denotre côté, nous avons davantage une démarche d'analyse du marché avant de travailler dessus. Ils sont concentrés sur l'Afrique. Peut-être auront-ils intérêt à regarder ailleurs?»
Philippe Comte: «Proche de la responsabilité sociétale»
«Je fais déjà partie d'Anjou Amorçage, le véhicule financier créé par la CCI. Pour Anjou Initiative Développement, je n'ai pas eu de mal à être convaincu. Il y avait quelque chose de différent, proche de notre démarche de responsabilité sociétale chez Restoria. En interne, on accompagne par exemple les salariés qui veulent quitter l'entreprise pour créer la leur. Dans le dispositif AID, le compromis est bon entre investissement financier et accompagnement à moyen terme. Économiquement, on mobilise des fonds et socialement, on aide à la création de richesse et d'emplois surtout en cette période de crise. L'intérêt majeur réside dans le fait d'aider des entreprises locales. Je ne connais pas Nicolas et Cécile Bécam. On a prévu de se rencontrer, de faire des visites de nos entreprises. Ils ont un outil industriel, fer de lance de leur projet de développement de boulangeries. Ça tombe bien, on va essayer de leur donner un éclairage sur la production alimentaire en grande quantité. J'imagine ainsi leur mettre à disposition des collaborateurs de temps en temps. Cette aide financière et cet accompagnement peuvent être des étapes décisives pour eux.»
Finance
Dix-huit PME du département participent au financement d'Anjou Initiative Développement. Philippe Comte (Restoria) et Jean-Pierre Bodet (Bodet) témoignent.