« J'ai initié un projet collaboratif européen »
# Industrie

« J'ai initié un projet collaboratif européen »

L'enjeu Afin d'obtenir des moyens financiers pour développer la 2e génération de ses robots autonomes écologiques, Vitirover a initié un projet collaboratif européen. Un gros investissement en temps mais qui a permis à la PME de se professionnaliser

« Quand on est une PME et qu'on cherche des ressources pour son développement, on sait qu'on a plusieurs leviers : soit chercher des fonds auprès d'investisseurs, soit frapper à la porte de la BPI, de la Région ou de l'Europe pour des subventions », explique Arnaud de la Fouchardière, le directeur général de Vitirover. L'entreprise basée à Saint-Emilion conçoit et fabrique un robot équipé de panneaux solaires qui tond tout seul grâce à un système GPS embarqué et qui permet à ses utilisateurs d'éviter d'utiliser du désherbant dans les vignes. « Nous souhaitions développer une deuxième génération de ce robot et l'équiper de capteurs afin de proposer d'autres services intelligents : comptage d'insectes, détection du mildiou.... Pour ce développement nous avions besoin de moyens financiers mais j'avoue que c'est assez compliqué de s'y retrouver dans toutes les aides possibles notamment européennes. Nous avons donc fait appel à une société de conseil en management de l'innovation qui a défriché le terrain pour nous. Cette société, Capital High Tech, nous a parlé du programme européen pour l'éco-innovation des entreprises. Ce programme ne finance pas de la R & D mais du développement, exactement ce que nous cherchions. Nous avons demandé à la BPI une aide pour financer le montage de ce projet que nous avons obtenue. Puis la société de conseil nous a aidés à rédiger le projet, un dossier d'environ 80 pages en anglais. »




Trouver des partenaires aux compétences complémentaires

« Vitirover est l'initiateur du projet collaboratif, il nous fallait donc trouver des partenaires qui apportent des compétences complémentaires comme c'est la règle dans tout projet européen. Nous avons réussi à convaincre deux laboratoires de recherche bordelais, l'IMS et le Labri, qui ont apporté leurs compétences en agriculture et en informatique. Nous avons également travaillé avec Téléspazio pour la partie géolocalisation et avec les vignobles Balthasar-Ress en Allemagne qui prohibe depuis 3 ans l'usage de désherbants. Une fois le projet monté, qui doit répondre à un certain nombre de critères, il suffit de poster sur internet le dossier et d'attendre quelques mois une réponse. »




Contrôle et reporting

« Finalement sur 350 dossiers présentés pour ce programme, 40 ont été sélectionnés dont deux Français. Au total notre budget est de 1,7 M€ dont 895.000€ sont financés par l'Europe. Cette somme que nous redistribuons ensuite à nos partenaires, nous est versée en trois fois sur une durée de 36 mois. Nous avons débuté le programme en août 2012. Comme le montant de la subvention est supérieur à 400.000€, nous avons dû faire un dépôt de garantie à la banque d'un tiers de ce montant. Le programme nous verse un tiers tous les ans mais tout cela est très contrôlé. Nous devons faire du "reporting" sur l'avancée du projet et en mai, nous avons même reçu la visite de notre "project officer" qui vient de Bruxelles pour faire un point d'étape avec les partenaires du programme. En août 2015 nous percevrons le dernier tiers de la subvention.




Compliqué mais réalisable

Très objectivement je dirais que tout cela est quand même assez compliqué pour une PME et il me paraît difficile de le faire seul sans l'aide d'un conseil, mais c'est tout à fait réalisable et surtout les bénéfices sont nombreux. Tout d'abord pour une PME comme la nôtre, cela nous a permis de nous structurer et de nous professionnaliser. Cela donne aussi l'occasion de travailler avec d'autres entreprises, de partager des expériences mais aussi d'être visible. C'est créateur de richesses, un réel cercle vertueux même si c'est un gros investissement en temps. Je ne regrette rien car nous n'aurions pas eu les moyens de financer ce nouveau développement. Avec ce programme européen, non seulement nous nous sommes professionnalisés mais à la fin des trois ans nous aurons un produit. »

Vitirover



(Saint Emilion) Dg : Arnaud de la Fouchardière 5 salariés 05 57 25 73 79 www.vitirover.com

# Industrie