En 1983, Lyon était relié à Paris en 2h grâce au TGV. En 2016, Bordeaux profitera du même temps de trajet. Enfin! est-on en droit de penser. Et pourtant... Le 8avril, lors de la signature de la convention de financement, les élus des collectivités locales se sont succédés pour dire au préfet toutes leurs réserves. Jean-Marie Abadie (Grand Dax) insistait sur «les gares historiques qui se sentent mises de côté». Vincent Feltesse (Cub) soulignait ces «préoccupations environnementales et sociales». Gilbert Mitterrand (Libourne) rappelait que «la desserte de sa ville, en danger», était finalement conservée. Jacques Cassiau-Haurie (Pyrénées-Atlantique), essayait de négocier des travaux sur la N10. Henri Emmanuelli, absent, attendait des précisions sur le retour aux collectivités des recettes du concessionnaire. Et l'intérêt général dans tout ça? Heureusement, Alain Rousset était là pour rappeler le formidable progrès que constitue une ligne à grande vitesse, pour Bordeaux, mais aussi le grand Sud-Ouest. «Rêvons un peu! Certes le projet nous coûtera cher (842M€ pour les collectivités sur un total de 6,7Md€, ndlr). Mais Bordeaux ne sera plus qu'à 3h30 de Madrid, 3h30 de Bruxelles, 1h40 de Bilbao, 30 minutes de Mont-de-Marsan!» Des temps de trajet suffisamment éloquents dont on espérait qu'ils favoriseraient un consensus...
- LE BILLET