Les investisseurs internationaux « craquent » moins pour la France. Selon le baromètre annuel réalisé par EY, il apparait en effet que le nombre de projets d’investissements étrangers ciblant l’Hexagone a reculé de 2 % en 2015, avec 598 dossiers recensés.
De prime abord très modérée, cette baisse est davantage préoccupante lorsqu’on compare la performance nationale à la moyenne européenne. Car si la France a moins séduit l’an passé, le continent a, lui, le vent en poupe, comme en témoigne une hausse globale de 14 % des projets d’investissements, à 5.083 unités.
Autre bémol : si l’on peut se réjouir que les perspectives d’emplois liées aux projets enregistrés en France en 2015 sont en hausse de 8 % - avec la promesse de 13.639 postes créés à terme - par rapport à 2014, elles sont également bien en dessous d’une tendance européenne qui décolle de 17 %, à 217.696 créations de postes.
Pas le feu....
Ceci-dit, il n’y a pas encore le feu à la « maison France ». On l’a vu, l’Hexagone capte encore plus de 10 % des projets d’investissement recensés dans l’année.
De même, alors qu’on critique généralement la performance du tissu productif tricolore, le pays reste, fort de 212 dossiers, la première terre d’accueil d’investissements à caractère industriel, bien devant l’Allemagne et ses 142 projets.
Le CICE, le crédit d’impôt recherche - qui motive souvent l’installation d’unités de R&D - et le suramortissement fiscal des investissements industriels semblent donc jouer leur rôle.
Enfin, la France reste confortablement installée sur la troisième marche du top européen de l’attractivité, derrière le Royaume-Uni (1.065 projets pour 42.336 emplois) et l’Allemagne (946 projets pour 17.126 emplois). Mais il y a, là-encore, quelques ombres au tableau.
.... mais moins de centres de décisions
La principale, c’est que l’Hexagone attire de moins en moins de projets portant sur des centres de décision. 11 seulement en 2015, bien loin derrière les 250 gagnés par le Royaume-Uni.
Autre facteur négatif, une certain refroidissement des ardeurs jusque-là montrées par les très puissants investisseurs chinois. Ils n’ont été qu’à l’origine de 14 projets dans l’Hexagone en 2015, alors que le Royaume-Uni les a séduit 74 fois, pendant que les Allemands émargent à 68 dossiers. Ainsi, si les Chinois sont à l’origine de 5 % des projets d’investissement recensés sur le continent, ce ratio tombe à 2 % en France.
Toujours 80 % d’opinions favorables
Une des bonnes nouvelles du baromètre reste cependant que la France n’a pas reculé dans la perception que les investisseurs étrangers ont d’elle. Ils sont 80 % à juger l’attractivité du pays plutôt ou très satisfaisante. Mais ils ne sont que 24 % à afficher leur volonté d’y investir en 2016.
Parmi les obstacles les plus fréquemment cités, à côté de la fiscalité ou du niveau de charges, figure en bonne position la complexité de notre droit du travail.
Rien ne dit que les mouvements sociaux qui s’opposent à la loi El-Khomri et qui s’intensifient au moment où nous écrivons ces lignes permettront de dissiper cette perception, et de contribuer donc à grossir les rangs des candidats à l’implantation.
Le nombre de projets d’investissements étrangers en France a baissé de 2 % en 2015. Un recul inquiétant, d’autant plus qu’il contraste avec la tendance européenne.