La plupart des entreprises en ont maintenant conscience : la veille économique est indispensable. Encore faut-il maintenant savoir pourquoi et comment en faire. La dernière étude publiée par l'Arist Bretagne, un service de la CCI, montre que les entreprises bretonnes sont de plus en plus nombreuses à mettre en place une cellule de veille interne : 61 % cette année, contre 57 % à la précédente enquête. En revanche, une entreprise sur deux affirme protéger ses données sensibles. Édifiant !Le frein majeur rencontré à la veille reste le manque de temps, en augmentation de cinq points à 79 %. Deux nouveaux freins apparaissent ensuite cette année : la transformation en leviers d'action (44 %) a remplacé le précédent argument du manque de compétences (43 %). Et la valorisation de l'info collectée (42 %) a détrôné les liens insuffisants entre veille et démarches prospectives cités lors de la précédente enquête par une entreprise sur quatre.« La veille n'est plus réservée aux grandes structures. Elle est accessible à tous. Le problème n'est plus les compétences, mais la transformation de l'information pour arriver à en faire quelque chose », analyse Marie Armand, de l'agence rennaise L'oeil au Carré, spécialisé dans la veille et l'e-réputation. Elle-même s'en sert comme « un pilier » pour sa société. Des tas d'outils existent, mais donner une valeur à l'info est une autre paire de manches.
« Une certaine maturité »
Cette spécialiste de la veille en ligne constate « une certaine maturité » des entreprises vis-à-vis de l'intelligence économique. Elle en veut pour preuve les finalités avancées par les entreprises interrogées : l'écoute des clients a gagné une place. La préoccupation précédente - trouver de nouveaux débouchés - répondait à la crise. Quant aux sources de veille, le web gratuit, la presse et les réseaux d'entreprises restent plébiscités. De moins en moins les clients : 56 % aujourd'hui contre 64 % auparavant.Enfin, la région est assez en pointe sur le sujet, selon Alexandre Colomb, responsable du pôle innovation à l'Arist Bretagne : « Nous sommes pionniers sur l'observation des pratiques. » Les nombreux acteurs locaux sont même cartographiés depuis 2010.
Géry Bertrande
Quelles sont les dernières tendances régionales en matière de veille et d'intelligence économique ? L'Arist a mené l'enquête et dévoile les habitudes des entreprises.