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Inquiétude autour du site de LafargeHolcim
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Inquiétude autour du site de LafargeHolcim

Les salariés isérois du groupe LafargeHolcim sont inquiets face au nouveau plan, Omega, qui prévoit une centaine de suppressions de postes sur le site de Saint-Quentin-Fallavier.

Après plusieurs plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) enregistrés au cours des dernières années qui avaient fait l’objet d’un accord majoritaire, le dialogue entre le nouveau groupe LafargeHolcim et ses salariés semble cette fois-ci au point mort. En témoigne l’annulation d’un premier PSE, amorcé le 26 septembre dernier. « Après différentes rencontres avec la direction ainsi qu’avec la Direccte, la direction avait stoppé la procédure, par peur d’être retoquée en raison de manquements à l’information/consultation des comités d'entreprise », explique le secrétaire adjoint DUP élargie de TCEA, la société qui gère le centre de recherche de Lafarge à Saint-Quentin-Fallavier (Isère).

Un nouveau plan doit être à nouveau présenté fin novembre et devrait concerner, comme le précédent, les deux entités Lafarge Services Groupe (LSG) et TCEA, basées sur le pôle technologique mondial de Saint-Quentin-Fallavier. « Jusqu’ici, seul le centre de recherche (250 salariés) n’est pas impacté », rapportent les délégués syndicaux. Contactée, la direction n’a pas souhaité répondre. Elle renvoie à son dernier communiqué de presse selon lequel le projet prévoit « une réduction nette de 250 postes dans les pays où sont implantées des fonctions centrales du groupe, dont 130 à Holderbank, en Suisse, et 80 à L’Isle d’Abeau, en France ». Toujours selon ce document, ce projet vise, pour l'entreprise, à « redimensionner ses fonctions centrales et adopter une organisation plus réactive à l’échelle locale, tout en maintenant la centralisation d’activités clés comme la recherche ».

102 suppressions de postes en Isère

D’après les syndicats, 21 emplois sur 89 seront supprimés chez la société LSG, et 81 sur 110 chez TCEA, ce qui porterait le total à 102 suppressions de postes, en comptant l’externalisation des fonctions informatiques. « Il s’agit bien de plans massifs au vu des effectifs touchés », explique le secrétaire du CE de LSG, qui rappelle que ce plan touche principalement une population de seniors (45 à 65 ans) possédant une expertise sur la partie technique et ingénierie. Cette annonce fait directement suite aux deux autres plans, Cities et Rubis. Le premier avait touché 97 emplois en Isère, et le second 191 emplois dans les usines du Havre et de La Couronne. « La direction s’était engagée à un effectif cible de 149 postes chez TCEA à la fin du plan, alors que nous sommes aujourd’hui 110 », s’interroge-t-il.

« Sauver un maximum de postes »

Les syndicats craignent de nouvelles annonces. « Selon nos informations, LafargeHolcim devait annoncer des mesures de réduction des coûts passant par la fermeture de filiales étrangères et des suppressions de postes sur ses principaux marchés », affirme le secrétaire adjoint DUP élargie de TCEA. S’il concède qu’à cette heure aucune déclaration en ce sens n’a été faite, « des économies ont été annoncées lors d’un dialogue auprès des investisseurs début novembre et font penser que la France sera sérieusement touchée dans les prochaines semaines ».

Les représentants syndicaux demandent le retrait pur et simple de ce nouveau plan. « Mais nous ne sommes pas naïfs : la stratégie d’une entreprise nationale étant difficile à infléchir, on espère pouvoir présenter des organisations alternatives, de manière à sauver le maximum de postes. Nous demandons aussi à ce que les départs bénéficient des mêmes conditions que les plans précédents », déclare un élu syndical de la DUP élargie de TCEA.

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