Images et Réseaux : L'heure du bilan a sonné
# Conjoncture

Images et Réseaux : L'heure du bilan a sonné

PôLE DE COMPéTITIVITé Images et Réseaux mène actuellement une enquête auprès de ses adhérents pour mesurer l'impact économique de l'action du pôle en six ans.

Pour la nouvelle ère qui s'ouvre, Images et Réseaux a choisi la stabilité. Vincent Marcatté (Orange Labs à Rennes) a été reconduit le mois dernier dans ses fonctions de président du pôle de compétitivité mondial. Petite nouveauté néanmoins, la structure, à cheval sur les régions Bretagne et Pays de la Loire, a ouvert un peu plus son conseil d'administration aux PME. Le collège dédié à celles-ci passe ainsi de quatre à six membres, soit le même nombre de représentants que les grands groupes et les académiques. Une réponse à ceux qui voyaient dans Images et Réseaux une machine de guerre à la disposition des Orange, Alcatel-Lucent et autres Thales.




«De plus en plus exigeant»
«Le pôle a été considéré dans sa première phase comme une machine à financement des grands groupes», confirme Bertrand Guilbaud, directeur général d'Images et Réseaux. «Mais on a montré aujourd'hui que les PME et les académiques s'investissent le plus et qu'ils bénéficient le plus de subventions.» Mais à l'heure de la restriction budgétaire à tous les étages de l'appareil étatique, les pôles de compétitivité vont en effet devoir prouver leur utilité. «Est-ce que demain l'État mettra moins d'argent dans les pôles, c'est probable», confirme Vincent Marcatté. Donc il faudra progresser dans les niveaux de projets. On devient de plus en plus exigeant.» Enquête auprès des membres En six ans d'existence, le pôle de l'Ouest peut se targuer d'avoir contribué à la mobilis
ation de 600millions d'euros d'investissements de recherche et développement, dont 235 millions d'euros financés par des fonds publics. Avec des réussites de PME comme Artefacto, Archivideo ou encore Mazedia. Et Bertrand Guilbaud d'affirmer qu'avant même les subventions, «c'est l'effet réseau qui fait la force du pôle.» Mais si tout le monde s'accorde à dire que la structure est essentielle pour créer du lien entre les acteurs des technologies de l'Ouest, quid de l'impact économique réel? C'est la raison pour laquelle Images et Réseaux vient de lancer une enquête auprès de ses 232 membres. Objectifs: connaître leurs retours sur investissement, le nombre d'emplois créés, les innovations et produits développés grâce au pôle... Un exercice pas des plus simples. «Les grands groupes nous disent peu de chose, mettant en avant la confidentialité des projets. Et les PME nous font remarquer la discrétion des grands groupes sur leurs chiffres, ce qui ne les incite pas non plus à nous communiquer les leurs», relève Bertrand Guilbaud. Le prochain audit des pôles par l'État, qui s'achèvera au premier trimestre 2012, devrait inciter les plus récalcitrants à être transparent. Car il se peut que certains pôles français fassent aussi les frais du plan de rigueur. Compte tenu du chemin déjà parcouru et sa présence à l'international, Images et Réseaux a toutefois de beaux atouts à faire valoir.

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