Icecap vient de sortir. C'est le nom d'un nouveau jeu éducatif en réalité augmentée, tout droit sorti de chez Coq en Pâte. La maison d'édition de Saint-Briac était jusque-là spécialisée dans la création et la vente de produits éthiques pour enfants : vêtements, accessoires, décoration, jeux... Mais pour se renouveler, et surtout exister face à des mastodontes sur le marché, Coq en Pâte veut renforcer sa marque et sa raison d'être. Il y a deux ans, son fondateur David Bouvet signe un partenariat avec l'UICN (Union internationale de conservation de la nature) et sa branche SOS (Save our Species). « Cela tombait très bien, car, au même moment, nous étions en train d'imaginer une collection SOS, raconte le chef de cette petite entreprise de 4 salariés. Elle avait pour thème les animaux menacés... » Cela donne donc à Coq en Pâte une visibilité et une image d'entreprise engagée, puisqu'elle reverse 3 % de ses ventes à l'UICN. « Alors, nous avons voulu aller encore plus loin pour sensibiliser nos clients ».
La mutation avec Koguma
Il crée alors Koguma, qui signifie petit ours en japonais (Ndlr : son épouse et cofondatrice de Coq en Pâte est Japonaise). Cette tirelire dessinée par un artiste japonais spécialiste de l'origami est fabriquée à Saint-Malo par le plasturgiste Maillard. « Elle est en éco-plastique, l'acétate de cellulose, c'est-à-dire à base de fibres de bois et de fibres de coton, précise David Bouvet. Son principe est éducatif pour l'enfant : économiser pour sauver la vie sauvage ». Mais l'idée ne s'arrête pas là. Suite à une opération de crowdfunding sur Kickstarter qui lui a rapporté 40.000 euros, David Bouvet a fait développer une application en réalité augmentée pour 150.000 € en fonds propres (par une entreprise parisienne) : Icecap (banquise en anglais). « Elle dispose de 400 scenarii pour aller sur la banquise apprendre des choses sur les ours et la chaîne alimentaire. Dans la prochaine version, qui sortira fin 2016, l'utilisateur aura plus de niveaux et on pourra les passer grâce à des micro-transactions qui seront sources de revenus. » Viendront ensuite de nouveaux modèles de tirelire sur d'autres animaux menacés.
Dix créateurs européens et asiatiques
En parallèle, Coq en Pâte continue de vendre à 75 % ses produits en catalogue à des boutiques indépendantes de déco et équitables, et sur internet. Mais les 25 % de ses 852.600 ? de chiffre d'affaires sont réalisés par des créations spéciales, elles aussi imaginées par la dizaine d'artistes, illustrateurs et designers européens ou japonais qui conçoivent tous les produits Coq en Pâte.
Des projets avec les musées
« Nous travaillons en co-branding avec des musées (Rodin, d'Histoire naturelle...), des zoos (Londres), des aquariums, détaille David Bouvet. C'est un axe de développement très important car il donne du prestige à l'entreprise, par des sociétés reconnues qui nous font confiance ». 55 % de l'activité étant réalisés à l'export, David Bouvet a donc besoin d'être épaulé s'il veut, lui, développer des projets toujours nouveaux. Il vient donc de recruter un directeur commercial Europe, et vise le million d'euros de chiffre d'affaires pour 2016. « J'ai notamment un projet avec le Museum national d'histoire naturelle pour une exposition à partir d'octobre sur une espèce d'ours, révèle David Bouvet. Grâce à un casque interactif, on sera immergé au Pôle nord en réalité augmentée »... Celui qui fait prendre une nouvelle dimension à son entreprise en dira plus dans quelques mois.
>Coq en Pâte (Saint-Briac). Gérant : David Bouvet ; 4 salariés ; CA 2015 : 852.600€ ; 02 99 19 02 60 ; www.coqenpate.com