Quelle est, à vos yeux, la force d'une région?
L'harmonie sociale. Pour qu'il y ait développement économique, il faut que les gens vivent bien ensemble, qu'il n'y ait pas trop d'inégalités et que la vie associative soit riche. C'est dans des territoires à taille humaine que l'on réussit. Les régions de l'Ouest se développent bien parce qu'elles connaissent l'harmonie sociale.
L'État a-t-il un rôle à jouer dans le développement des territoires?
Ce qu'on demande à l'État, c'est de ne pas mettre de bâtons dans les roues. Un bon projet trouve toujours un financement. Pas besoin de Grand emprunt! L'État doit en revanche s'occuper de ses missions premières, comme favoriser la mixité sociale, développer les logements sociaux pour permettre aux revenus les plus faibles de vivre dans un territoire en développement et à forte pression immobilière.
Et le soutien à l'innovation?
On se focalise trop sur l'innovation technologique alors que 80% de l'innovation, ce n'est pas du high-tech mais du social, de l'organisationnel, du marketing... Les pôles de compétitivité, ce n'est que 20% de l'innovation. Les territoires gagnants du futur seront ceux qui arriveront à développer aussi des pôles de qualité de vie.À lire: «Bonnes nouvelles des conspirateurs du futur», Michel Godet, éditions Odile Jacob.