«Id3 semiconductors, c'est un laboratoire avec plusieurs métiers, une machine à produire des idées, et pas un seul produit.» C'est ainsi que Jean-Louis Revol définit son entreprise installée au Fontanil-Cornillon. Le métier d'origine de cette PME, c'était le service en microélectronique, avec notamment le développement de produits à la demande autour des systèmes sans contacts. À cela se sont ajoutés des produits en propre, principalement en biométrie et RFID, grâce à un laboratoire de R & D qui a mis au point des composants élémentaires ainsi que des algorithmes commercialisés sous licence.
Algorithmes porteurs
Auparavant, la microélectronique représentait 50% du chiffre d'affaires. «Mais ce marché s'est totalement asséché en deux ans. Nous sommes restés perplexes et nous nous posons aujourd'hui la question de se séparer, ou pas, de nos services en microélectronique. Heureusement, à côté, nous avions des activités montantes.» Il y a notamment cet algorithme de capture d'empreintes digitales, le «Fingerprint on-card comparison». Il permet la comparaison d'empreintes digitales rapidement, en utilisant peu de ressources, et pratiquant l'interopérabilité entre les différents systèmes. Ses performances lui ont permis de décrocher l'homologation américaine de l'Institut national des standards et technologies au Minex II, et donc de lui ouvrir d'importants marchés. «Nous avons déjà vendu 20millions de licences, notamment pour la carte d'identité des Guatelmatais, et les demandes affluent. Cela devrait nous assurer un revenu récurrent pendant quelques années. Nous avons deux à trois ans d'avance sur nos concurrents. Cette innovation va enfin être amortie, quinze ans après sa création!» Ainsi, dès 2010, Id3 devrait retrouver le même niveau de rentabilité d'avant la crise. D'autant plus qu'un nouvel algorithme sortira ce mois-ci pour comparer des empreintes prises avec différents capteurs et que de gros contrats se profilent pour un autre produit phare de la société, permettant un contrôle biométrique même en cas d'empreintes «sales» ou peu lisibles.
Id3 semiconductors aurait pu s'écrouler avec l'effondrement de la microélectronique. C'était sans compter sur une de ses inventions, récemment homologuée par les Américains.