1,8 millions d'euros c'est le budget du projet collaboratif Hydrofan, une initiative 100 % lorientaise. Hydrofan rassemble trois acteurs du territoire : DCNS, Coriolis (13 millions d'euros de CA et 100 salariés) et l'université de Bretagne Sud (UBS). Ils travaillent au développement d'une pale d'hydrolienne en matériau composite, qui devra être résistante. Le tout au meilleur coût et pouvant être fabriquées en série lors de la phase commerciale. Ces pales sont des composants stratégiques de l'hydrolienne.
Objectif : l'industrialisation
Pour ces trois partenaires « l'enjeu est de préparer l'industrialisation de l'hydrolien. » Le projet se déclinera sur trois ans. Il est soutenu par la Région qui apportera une aide de 550.000 ?. La collectivité motive son soutien en faisant le parallèle avec sa politique de soutien aux énergies marines renouvelables.
Une solution pour les îles
« Nous sommes particulièrement attentifs au développement de l'hydrolien parce qu'il offre aussi des solutions alternatives à la dépendance énergétique des îles », justifie Loïg Chesnais-Girard, vice-président à l'économie et à l'innovation à la Région. Le financement du projet fait appel à d'autres contributeurs. 125.000 ? seront financés par Lorient agglomération et 125.000 ? par le Conseil départemental. Le financement industriel atteint, lui, le million d'euros. L'hydrolien, un marché qui séduit et qui se veut prometteur en terme de débouchés. « Nous sommes dans un contexte où l'hydrolien se développe sur de grandes zones comme l'Asie et l'Amérique du Nord. L'Europe a un potentiel important et notamment la France qui est le deuxième marché européen », précise Christophe Chabert, directeur hydrolien France chez DCNS. À l'horizon 2020, les fermes hydroliennes commerciales devraient s'industrialiser. En attendant, des tests sont menés à Paimpol - Bréhat et d'autres au Canada. « Nous sommes bien dans un projet de R & D avec l'objectif de concevoir une pâle d'hydrolienne innovante en composite. Elle devra pouvoir être produite en série par des procédés automatisés. Ce sera une co-innovation sur le produit et le process », avance Clémentine Gallet, directrice de Coriolis.
Trois ans pour un défi industriel et économique
La démarche se veut innovante car elle rassemble une PME, un grand groupe et une université. Les trois partenaires auront trois ans pour mener à bien ce projet de développement. Trois ans pour réussir et une feuille de route où les rôles de chacun sont bien établis. DCNS assurera la conception et la fabrication des structures en matériaux composites tandis que Coriolis opère sur la dépose de matériaux composites, l'UBS apporte son expertise en chimie des matériaux. L'enjeu de l'industrialisation des pales devrait permettre de résoudre l'équation économique. « Nous devons réduire les coûts par trois par rapport à l'expérimentation de départ », avertit Christophe Chabert. Une fois, ce défi économique relevé, le marché est immense. Ainsi DCNS prévoit d'ouvrir à l'horizon des fermes commerciales comptant 150 hydroliennes. Chaque structure comptant 10 pâles, les débouchés sont porteurs d'espoir.
Ségolène Mahias
D'ici à trois ans, l'UBS, DCNS et Coriolis Composites devraient avoir développé des pales d'hydroliennes, fabriquées en série grâce à des process automatisés.