La nouvelle a créé un véritable effet de surprise. Les deux dirigeants de l'ETI familiale Laboratoires Anios sont entrés en négociations exclusives avec la société américaine Ecolab, spécialisée dans l'hygiène industrielle, en vue d'une cession. Une nouvelle qui intervient moins de trois ans après que Bertrand et Thierry Letartre, descendants des fondateurs des Laboratoires Anios, ont repris la majorité de l'entreprise familiale, aux côtés de la société d'investissement privée Ardian. C'était en décembre 2013 et les Laboratoires Anios étaient alors une filiale d'Air Liquid.
Aujourd'hui, l'heure est de nouveau à la cession de l'entreprise familiale basée à Lille et fabricante de produits désinfectants pour les secteur de la santé (hôpitaux, cliniques et professions médicales). Cette transaction pourrait intervenir d'ici la fin de l'année et reste soumise à l'accord des autorités de contrôle des opérations de concentration. Coté en bourse, Ecolab affiche un chiffre d'affaires de 14 milliards de dollars.
Un projet stratégique de long terme
Avec cette cession, les deux dirigeants entendent trouver un actionnaire de long terme, pour poursuivre le développement de l'ETI. Les Laboratoires Anios enregistraient en 2015 un chiffre d'affaires de près de 220 millions d'euros, avec 700 salariés dont quelque 540 en France.
Dans un communiqué, Bertrand et Thierry Letartre indiquent : "Nous sommes très heureux des perspectives de cette association avec Ecolab. La force de la marque Anios, combinée à l'implantation mondiale d'Ecolab vont permettre d'accélérer notre développement. C'est une nouvelle page de l'histoire d'Anions qui s'ouvre, après le partenariat avec Ardian, dont nous sommes enchantés et qui a soutenu l'accélération forte qu'a connue la société ces dernières années." Contacté par la rédaction, Bertrand Letartre a refusé de faire d'autres commentaires que celui figurant dans ce communiqué.
20 % de croissance en trois ans
Les Laboratoires Anios ont enregistré une croissance de plus de 20 % de leur chiffre d'affaires ces trois dernières années et une augmentation de 50 % de leur effectif. Depuis son retour aux commandes en décembre 2013, la famille Letartre a retenu la voie de la croissance externe pour se développer avec : le rachat de Soluscope (France) en 2014, la prise de participation majoritaire au capital des sociétés Endoclear (Brésil) et Deren (Turquie) en 2015, et enfin, le rachat de la branche d'activité désinfection hospitalière d'Inibsa (Espagne) et de la société Hysis (France) en 2016. Par ailleurs, les Laboratoires Anios annonçaient, en octobre 2015, 20 millions d'euros d'investissements pour transférer les 12 lignes de production de leur usine d'Hellemmes vers leur site de production de Sainghin-en-Mélantois. « L'usine d'Hellemmes est enclavée dans la ville et avec les contraintes Seveso imposées par la DREAL, c'est compliqué », expliquait alors Bertrand Letartre, P-dg des laboratoires Anios. Les travaux, menés en 2016, feront passer l'usine de Sainghin de 1 à 3 hectares. Le nouveau site de production devrait être achevé fin 2017 et comptera quelque 600 salariés. Le siège doit quant à lui être maintenu à Hellemmes, dans un nouveau bâtiment de 3.000 m², qui verra le jour en 2018 après un investissement de 6 millions d'euros.
> Nos précédents articles sur les Laboratoires Anios :
- Bertrand Letartre : « J'ai visité l'Argentine avec François Hollande »
- Laboratoires Anios. 26 M€ investis près de Lille