À quelques jours de son départ pour les États-Unis, fin février, Fabrice Gascons Viladomat semblait confiant mais prudent. «Nous avons aujourd'hui un outil validé industriellement, qui reçoit de nombreuses marques d'intérêt mais entre la demande de devis et la mise en exploitation, il peut s'écouler entre un et deux ans.» Pas de quoi décourager ce docteur en génie des procédés, devenu créateur d'entreprise il y a presque huit ans, pour mettre sur le marché un procédé innovant de concentration des liquides, adressant en priorité le marché agroalimentaire. «Contrairement aux techniques classiques d'évaporation, nous opérons à basses pression et température, donc sans dénaturer le produit. La consommation énergétique et l'impact environnemental sont également réduits», résume le dirigeant fondateur d'Ederna, TPE toulousaine de deux salariés installée au centre Pierre Potier de l'Oncopole.
Des contacts avec de grandes firmes américaines
Autant d'avantages concurrentiels qu'il lui a été donné de présenter à Colombus (Ohio) en octobre dernier, lors d'un workshop international sur le thème des procédés non thermiques pour une alimentation saine et durable. «Cela a généré quelques contacts avec de grandes firmes américaines de l'agroalimentaire et de la nutrition. Ce sont elles que je vais revoir dans quelques jours», explique-t-il. Dans sa stratégie de développement à l'international, Ederna a en effet décidé de miser en priorité sur l'Amérique du nord. «Ça a démarré vraiment en septembre 2014, avec l'embauche d'un VIE basé à Londres, où ont lieu de nombreux événements internationaux dans le domaine du marketing et de l'innovation pour l'agroalimentaire. Cette implantation facilite aussi mon travail en binôme avec lui et les échanges qu'il peut avoir avec des entreprises américaines.» En juillet prochain, la TPE toulousaine sera aussi exposante sur l'IFT Annual Meeting 2015 de Chicago, un mois après avoir participé à l'International Congress on Engineering and Food, à Québec. «Nous ne dégageons pas encore de chiffre d'affaires sur l'Amérique du nord mais je préfère attendre le salon de Chicago pour faire un premier bilan, après un an d'efforts soutenus sur cette zone», indique le dirigeant.
Un partenariat industriel et commercial avec TIA
Ederna ne néglige pas pour autant la France et l'Europe : «Pour ces marchés, nous nous appuyons sur notre partenaire TIA qui a déjà un important réseau de clients.» En janvier 2014, la société toulousaine avait signé un partenariat industriel et commercial avec le fabricant spécialiste des techniques de filtration membranaire, installé à Bollène (84). «En nous rapprochant d'une structure industrielle comme TIA, nous avons gagné en crédibilité. Nous pouvons aussi continuer de nous concentrer sur notre force - la R&D et l'innovation - pendant que TIA nous aide à commercialiser notre technologie, qu'elle se charge aussi d'industrialiser.» La société vauclusienne a d'ailleurs financé un équipement pilote proposé à la location aux clients souhaitant réaliser des essais. Un premier équipement pilote avait été vendu, début 2014, au groupe Naturex, spécialiste des ingrédients naturels à destination des marchés de l'agroalimentaire, de la santé et de la beauté. «La machine a été installée dans une usine en Suisse, pour produire les premiers lots d'un nouveau produit : la phycocyanine. Cette protéine extraite de la spiruline est le seul colorant alimentaire naturel bleu à être stable. Si les tests sont concluants avec les lots produits, nous pourrions les équiper d'une machine industrielle courant 2015, avec à la clé une commande de plusieurs centaines de milliers d'euros.»
En parallèle, Ederna travaille sur une levée de fonds de 500 à 700.000 €. En décembre 2011, elle avait levé 100.000 € auprès du fonds Pléiade Venture, devenu actionnaire à hauteur de 30 % après avoir réinjecté 300.000 € fin 2013.
Ederna
(Toulouse)
Dirigeant : Fabrice Gascons Viladomat
2 salariés
CA 2014 : 188 K€
09 80 08 44 20
www.ederna.com
En phase de test ou de pilote chez des industriels français, le procédé de concentration Evapeos commence de susciter un intérêt outre-Atlantique.