Rennes
Hausse de la taxe transport : 250K€ minimum pour PSA
Rennes # Transport-logistique

Hausse de la taxe transport : 250K€ minimum pour PSA

Fiscalité Avec la hausse du versement transport, les entreprises de plus de neuf salariés s'acquitteront de 40 € de plus par an, par salarié. Une facture salée pour PSA.

C'est donc fait. Le conseil de Rennes Métropole a voté l'augmentation du versement transport en vue de financer une partie de la future ligne b du métro rennais (Le journal des entreprises d'octobre). À compter de janvier2012, administrations publiques et entreprises de plus de neuf salariés s'acquitteront d'une taxe majorée de 0,15 point. Avant une nouvelle hausse, en 2014, de 0,05 point.




Payer pour une ligne qui n'ira pas à La Janais...

Dans un peu plus de deux ans, Rennes Métropole aura donc atteint le maximum autorisé par la loi Grenelle 2 (2% de la masse salariale). Au même titre que les ménages, «il nous apparaissait équilibré et fondé que les entreprises concourent au financement de la ligne de métro», souligne Daniel Delaveau. Concrètement, pour les entreprises, cette hausse représente grosso modo 40 € par an et par emploi. «Ce n'est pas de nature à modifier substantiellement les équilibres des entreprises», selon le président de Rennes Métropole. Pour une entreprise de 10 salariés, effectivement. Mais pour les plus gros employeurs du territoire? «Cela représente pour nous entre 250.000 et 300.000€ par an», calcule-t-on chez PSA La Janais. Dans le contexte économique que l'on connaît, notamment pour l'automobile, on mesure tout à coup la portée d'une telle décision politique. Pour autant, le site industriel breton encaisse sans broncher. Bien sûr, «on s'étonne de payer pour une ligne de métro qui n'ira pas jusqu'à La Janais», explique-t-on chez PSA. Mais on loue toutefois l'esprit de concertation qui a animé Daniel Delaveau. «Il en avait parlé à l'époque avec Jean-Marie Dailland (quand celui-ci était directeur du site, ndlr).» Dans ces conditions, cette hausse ne suscite «pas de traumatisme» chez l'industriel. «On l'avait prévue.»




Concertation

On le voit, c'est bien par la concertation que Daniel Delaveau est en train de faire passer la pilule fiscale. Remisant aux oubliettes les rudes négociations de la première ligne de métro. «Ce n'est pas conforme à ce qu'on lui demandait. On souhaitait que la hausse soit limitée à 0,10 à partir de 2012 et qu'il attende 2018 pour atteindre les 0,2. Et pour moi, c'était a minima 2014 compris», indique en préambule Joël Chéritel, président de l'Union des entreprises pour l'Ille-et-Vilaine. «Maintenant, on peut aussi dire que dans d'autres villes, il n'y a pas eu de discussion possible. Au moins, à Rennes, on l'a eue.» Avec des résultats attendus. «Nous avons décidé de mieux travailler sur les déplacements des entreprises. Nous avons aussi convenu de faire le point chaque année sur les dessertes des zones d'activités», liste Daniel Delaveau. Des solutions qui vont dans le bon sens selon Emmanuel Thaunier, président de la CCI rennaise. «Le plus important c'est que les entreprises, en tout cas les plus vertueuses, puissent accéder à des soutiens. Ce qui fait que l'augmentation d'un côté sera gommée par des incitations de l'autre. Se retrouver une fois par an pour mettre à plat le plan de transport, ce n'est pas uniquement la punition funeste à laquelle on pouvait s'attendre.»

Rennes # Transport-logistique