Sur le bord de l'autoroute, à la croix d'Hauconcourt, l'unité de production Hauconcourt Enrobés ne passe pas inaperçue. Implantée sur 5 des 20 ha de la plateforme industrielle, elle est entrée en service le 15 octobre 2011. «Le site était une ancienne décharge de matériaux inertes. Auparavant, il abritait la Raffinerie de Lorraine, puis une sablière du lit de la Moselle», raconte Michel Rodé, président de la SAS Hauconcourt Enrobés. L'implantation d'une centrale à enrobés n'a pas rencontré des difficultés ou d'opposition. «Le projet a mis 2 ans pour aboutir. Il s'agit d'une installation classée. Elle a donc été soumise à une enquête publique par la DREAL, qui se soucie notamment des émissions polluantes, de poussières, du bruit...» Le poste d'Hauconcourt fabrique du béton bitumineux utilisé pour le revêtement routier. «À la place du ciment, le liant est à base de bitume, explique Michel Rodé. Ce produit est en concurrence avec les chaussées béton, qu'on trouve encore en Allemagne ou en Belgique, mais très peu en France. Le béton bitumineux apporte un meilleur confort à la route. Il est plus souple et il n'y a pas besoin de joint de dilatation.»
Modernité technique
Les matières premières proviennent des carrières de la région et des entreprises sidérurgiques pour les granulats de laitiers ou de roches massives. L'approvisionnement de la centrale se fait par camion ou par train. «Nous sommes en discussion avec Voies Navigables de France pour faire un quai vers le canal voisin.» Mais la spécificité du nouvel équipement réside dans sa capacité à recycler. «On est entré dans une phase importante d'entretien des chaussées. Souvent, on commence par enlever les anciens revêtements pour les remplacer par des neufs. Le poste d'enrobage nous donne la possibilité technique de réincorporer les fraisats des anciens revêtements.» La réintroduction de ces déchets comportant déjà du bitume complique le processus. «La fabrication de béton bitumineux de fait à chaud. On chauffe le sable, les cailloux, on lie avec du bitume chaud et la prise se fait sur la route. Il est difficile de les réchauffer sans brûler le bitume contenu. D'où la nécessité d'un tambour de recyclage. On réchauffe séparément les matériaux ayant déjà du bitume avant de les introduire dans le malaxeur avec les matériaux neufs. Ca explique la taille de la centrale: le réchauffage se fait tout en haut de l'usine.» La production est destinée à l'État, aux collectivités gestionnaires de routes, mais également à une clientèle privée et industrielle, ainsi que les entreprises ayant besoin de combler des tranchées après intervention. À ce jour, Hauconcourt Enrobés a produit 145.000 T de béton bitumineux pour un prévisionnel de 200.000 T en année pleine. Très automatisée, la centrale emploie 4 personnes.
Le développement passe par la R & D
Hauconcourt Enrobés est une SAS née de l'association de 3sociétés de travaux publics, Strasdest, C Karp-Kneip Materiaux S.A au Luxembourg et Trabet en Alsace. «Les 3 actionnaires ont préféré investir dans un gros poste d'enrobage, plutôt que dans plusieurs postes plus petits», indique Michel Rodé, également patron de Stradest, précisant que ses partenaires disposent respectivement d'un poste en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, de 2 postes en Alsace et de 2postes mobiles. «Le besoin de ce poste correspond à une nécessité d'être plus gros, plus rentable et performant, notamment en termes de prix de revient et de recyclage.» Car la modernité de la nouvelle unité de production permet d'obtenir 30 à 40% de produit issus du recyclage. L'investissement s'élève à 9 M€ et devrait être amorti en 10 ans. «Nous espérons une demande soutenue de la part des clients. Si nous ne pouvons pas développer de nouveaux marchés, nous essayons de développer de nouvelles techniques dans la lignée de ce qui est fait dans le domaine du recyclage, notamment la mise en oeuvre d'enrobés à une température de 120° contre 160°. Cela réduit la consommation d'énergie, les émissions polluantes et s'avère plus confortable à appliquer», détaille Michel Rodé, qui précise que laR & D se fait plutôt dans les laboratoires des actionnaires qu'à la centrale.
Hauconcourt Enrobés
(Hauconcourt) Investissement: 9 M€ Effectif: 4 personnes